Ei-iE

Le nombre de meurtres atroces augmente en Colombie

Publié 18 mars 2010 Mis à jour 18 mars 2010

L’enseignant colombien Duvian Dario Rojo Cadavid et sa femme se promenaient tranquillement en début de soirée dans le parc municipal de leur ville natale, Puerto Berrío, lorsqu’ils furent assassinés par balle par des assaillants inconnus le 13 mars, le jour avant les élections sénatoriales. Leur meurtre porte à six le nombre total d’enseignants tués en Colombie en 2010.

D’après son syndicat local ADIDA, Rojo Cavidad a été pris pour cible dans l’ensemble pour son activité syndicale et en particulier pour avoir parlé ouvertement aux médias la semaine dernière du fait qu’au moins 30 enseignants locaux ont été victimes d’extortion par des groupes armés illégaux.

La Federación Colombiana de Educadores(FECODE) a dénoncé publiquement ces derniers meurtres à de nombreux fonctionnaires des ministères de l’Education, de la Justice, de la Protection sociale, de l’Intérieur, de la Défense publique et au Président de la République, en demandant que les autorités colombiennes garantissent le libre exercice des activités syndicales et qu’elles entament toutes les enquêtes nécessaires afin de briser l’impunité qui caractérise typiquement l’assassinat d’enseignants et de syndicalistes.

L’Internationale de l’Education se joint à la FECODE pour dénoncer sévèrement ce dernier meurtre atroce et exprime sa plus profonde sympathie à la famille de Duvian Dario Rojo Cadavid et de sa femme, à ses collègues et étudiants, ainsi qu’aux dirigeants et membres d’ADIDA et à la communauté éducative de Puerto Berrío.

« Les enseignants de Colombie ne sont pas seuls », déclare le Secrétaire général de l’IE, Fred van Leeuwen. « Les éducateurs de monde entier les soutiennent et leur expriment leur solidarité. Ensemble, nous continuerons à défendre le respect des droits humains et des syndicats de tous les Colombiens, et particulièrement les droits de ceux qui ont pris la décision courageuse et souvent dangereuse de devenir enseignant afin de s’engager à construire un meilleur avenir grâce à l’éducation. »

Les 7 et 8 avril, l’IE et la FECODE organise un atelier sur les droits humains et des syndicats dans la capitale, Bogotá. Vingt-huit coordinateurs locaux des droits humains de la FECODE y participeront.

De plus, la structure paneuropénne de l’IE a adopté le 16 mars à l’unanimité une motion d’urgence qui s’oppose à la proposition d’accord de libre échange UE-Colombie.

« Il est anormal que l’Union européenne envisage un accord de libre échange avec un régime condamné partout dans le monde pour le non-respect des droits humains et des syndicats en particulier », ont déclaré les membres du comité.

Ils ont appelé l’IE et tous ses affiliés à utiliser tous les moyens d’influence disponibles pour s’opposer à cette proposition d’accord de libre échange avec la Colombie, à sensibiliser le monde extérieur au combat du mouvement syndical colombien et à envisager toutes les opportunités d’activités de solidarité.