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L’IE se réjouit de la décision du Président du Malawi de libérer un couple LGTB emprisonné

Publié 7 juin 2010 Mis à jour 7 juin 2010

Le Président Binguwa Mutharika a ordonné la libération immédiate du couple malawien arrêté, poursuivi et emprisonné en raison de son orientation sexuelle après la célébration d’une cérémonie de mariage en décembre dernier.

Steven Monjeza et son compagnon, le transsexuel homme-femme Tiwonge Chimbalanga, ont bénéficié de la grâce présidentielle annulant, pour des raisons humanitaires, la peine de 14 ans d’emprisonnement qui avait été prononcée pour « indécence grave et actes contre nature ».

L’affaire avait été condamnée par la communauté internationale et a ouvert le débat sur l’homosexualité dans le pays.

Quelques jours avant la libération du couple, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est adressé à l’Assemblée nationale du Malawi en appelant les législateurs malawiens à réformer et à abroger les lois prônant la discrimination à l’encontre de l’homosexualité.

« J’invite instamment tous les pays à faire preuve de courage moral et politique dans la lutte contre la discrimination sous toutes ses formes. Le Malawi devrait être connu dans le monde entier pour ses succès dans la lutte contre la pauvreté et la faim et non pour des lois dépassées sur l’homosexualité », a-t-il déclaré.

À l’issue de sa rencontre avec Ban Ki-moon, le Président du Malawi a annoncé que le couple serait libéré sans conditions. Il a toutefois précisé qu’il agissait pour « des raisons humanitaires», mais que cela ne signifiait pas qu’il soutenait l’homosexualité. «Nous ne tolérons pas les mariages de cette nature. C’est sans précédent au Malawi et c’est illégal », a-t-il ajouté.

Bien qu’il s’agisse d’une décision courageuse sans précédent, la Commission des droits de l’homme du Malawi a néanmoins souligné que la grâce accordée au couple «ne change pas la législation sur le caractère illégal des actes homosexuels dans le pays».

Comme de nombreux défenseurs des droits de l’homme l’ont dénoncé, ces lois violent les principes d’égalité et de non-discrimination inscrits dans la Constitution malawienne et dans la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui interdit «la discrimination sous toutes ses formes».

Le Secrétaire général de l’IE, Fred van Leeuwen, a déclaré qu’il espérait que «le gouvernement du Malawi montrera désormais la voie du leadership humanitaire en mettant un terme à la pénalisation de l’homosexualité et en adoptant des lois protégeant les LGTB» et estime que « la décision du Président du Malawi devrait servir d’exemple aux dirigeants des 33 États africains qui ont toujours des législations pratiquant une discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ».