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L’IE exige la libération d’un enseignant colombien

Publié 10 septembre 2010 Mis à jour 10 septembre 2010

L’IE lance une pétition en ligne mondiale appellant le Gouvernement colombien à relâcher Miguel Ángel Beltrán Villegas, un professeur d’Université syndicaliste, emprisonné injustement sur base de charges allant à l’encontre de l’exercice des libertés académiques.

L’universitaire et militant syndical Miguel Ángel Beltrán Villegas a été emprisonné en 2009 par le gouvernement colombien d’Álvaro Uribe. Un an après avoir été accusé de rebellion et d’enfreinte à la loi à des fins terroristes, aucune preuve n’a pu être fournie pour démontrer le bien-fondé des accusations retenues contre lui.

Au cours de sa carrière d’enseignant, Beltrán a publié divers articles et travaux académiques mettant en cause la version officielle de la guerre civile colombienne. Il a également critiqué la politique éducative et les violations des droits humains en Colombie. Il a déclaré : « Si mes activités académiques ne constituent pas un délit en soi, mes publications sont néanmoins utilisées comme preuves contre moi. Il est facile de se faire l’écho des appels à la guerre, mais analyser les véritables causes du conflit social et armé se révèle un exercice bien plus complexe - et périlleux ».

Le professeur a également dénoncé les attaques visant la communauté universitaire ainsi que les violations des libertés académiques en Colombie. Dans une lettre ouverte à son syndicat, la Asociación de Profesores Universitarios, envoyée depuis la prison de « La Picota » en février 2010, il expliquait que « ces violations se traduisent par des arrestations arbitraires d’étudiants, des incursions de la police sur le campus, des assassinats et des disparitions d’étudiants, des menaces à l’encontre des professeurs et la multiplication des accusations de rébellion portées à l’encontre des membres de la communauté universitaire dans le cadre de procès sommaires ».

L’IE a condamné à de nombreuses reprises les violations des droits humains et syndicaux perpétrées en toute impunité à l’encontre des enseignant(e)s de Colombie, et la fédération souhaite une nouvelle fois attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation dramatique qui sévit dans ce pays. Entre 1991 et 2010, 873 enseignant(e)s ont été assassiné(e)s, dont 19 depuis janvier de cette année.

C’est pourquoi nous vous demandons d’exprimer votre soutien au professeur Beltrán et de transmettre au gouvernement colombien votre profonde inquiétude quant au fait qu’il ait été incarcéré en raison de ses opinions politiques, seul « crime » qu’il ait jamais commis. A cette occasion, rappelez que la liberté de pensée et d’expression n’est pas un privilège accordé par les États mais bien un droit fondamental. Comme l’affirme Beltrán en personne : « Ces quatre murs emprisonnent mon corps mais pas mon esprit ».

Afin d’unir les voix qui s’élèvent en faveur de l’enseignant emprisonné, l’IE a rédigé une lettre ouverte adressée au Président colombien, Juan Manuel Santos, et à l’ambassade de Colombie en Belgique afin d’exiger la libération de Miguel Ángel Beltrán et la garantie d’un procès équitable.

Pour signer la pétition, cliquez ici.

Pour un rapport complet sur les violations graves et systématiques des droits humains et syndicaux des enseignants colombiens (en anglais), aller sur: Colombia’s Classroom Wars by Dr. Mario Novelli (pdf).