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FSM : la pauvreté et le travail des enfants nuisent à une éducation de qualité

Publié 16 février 2011 Mis à jour 16 février 2011

L’IE et ses membres ont participé à des ateliers sur l’éducation de la petite enfance et le travail des enfants en Afrique de l’Ouest au Forum social mondial (FSM) qui s’est tenu à Dakar, Sénégal.

Le FSM est un événement international réunissant des milliers de personnes pour échanger leurs points de vue sur la mondialisation, les droits humains et ceux des travailleurs. Le forum de cette année s’est particulièrement concentré sur les questions africaines, notamment la situation en Tunisie et en Egypte, ainsi que sur le manque d’action en matière d’aide au développement et de lutte contre la pauvreté en Afrique.

Au cours de leurs interventions, les syndicalistes enseignants affiliés à l’IE de SYNESP (Bénin); SYNTER (Burkina Faso); BUPL (Danemark); GEW (Allemagne); GNAT (Ghana); NAGRAT (Ghana); SNEB (Niger); FESEN (Togo) se sont joints aux membres des affiliés sénégalais et au personnel de l’IE de la région africaine pour discuter de politiques visant à renforcer l’éducation de la petite enfance, telle que le recommandent le programme Education pour Tous (EPT) et les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies.

Les participants se sont mis d’accord pour que les syndicats poursuivent leurs efforts en Afrique de l’Ouest afin d'encourager les gouvernements à prendre des mesures politiques appropriées pour une éducation de qualité. Ils ont exprimé leurs inquiétudes sur les raisons pour lesquelles des pays aux ressources naturelles limitées, comme le Cap-Vert, l’île Maurice et la Tunisie, obtenaient les meilleurs résultats en matière d’éducation, tandis que les pays les plus riches de la région justifiaient leurs pauvres performances par des restrictions budgétaires.

Les syndicalistes enseignants ont également abordé le taux élevé de travail des enfants dans la région. Ils se sont également exprimés sur les moyens pour lutter contre cette pratique qui empêche des milliers d’enfants d’accéder à l’éducation.

Le coordinateur de l’IE en charge de la région africaine, Samuel Ngoua Ngou, qui a participé aux ateliers, a déclaré : « Il n’est pas inhabituel qu’un enfant commence à travailler à l’âge de cinq ans. Il a été démontré que si un enfant ne reçoit pas une éducation de base, il est peu probable qu’il la reçoive plus tard, à l’âge adulte. »

« Il ne fait aucun doute que le travail des enfants fait partie de la réalité de tous les jours en Afrique. Malgré les outils juridiques existant pour lutter contre celui-ci, et notamment les conventions internationales sur le sujet signées par les gouvernements, on peut se demander pourquoi rien ne change. »

Ngoua Ngou a ajouté que les principaux facteurs sont la pauvreté que connaissent de nombreuses familles, à laquelle s’ajoute un manque de volonté politique car il a été prouvé que les enfants ne se rendent pas à l’école parce qu’il n’y en a pas dans les environs ou parce que les enseignants ne sont pas qualifiés.

Le Secrétaire général de CNTS Sénégal, affilié à la Confédération syndicale internationale (CSI), et le Président de la CSI-Afrique, Mody Guiro, ont fait écho aux propos de Ngoua Ngou : « Il est grand temps de changer le modèle actuel de mondialisation et de mettre fin à l’orthodoxie néo-libérale qui a laissé des millions d’Africains avec des systèmes d’éducation sous-financés, des services de santé de mauvaise qualité et pratiquement sans opportunités d’emploi décent. Ici, au FSM de Dakar, nous réclamons un nouveau programme visant le plein emploi. »

Le GEW, un des membres allemands de l’IE qui vient de lancer une compagne pour l’éradication du travail des enfants dans l’industrie du cacao, a déclaré que les classes seraient touchées par ce problème en cas de campagnes de sensibilisation sur les conditions dans lesquelles sont produites les barres chocolatées, souvent mangées dans les écoles à la pause déjeuner.

L’IE applaudit les efforts de ses membres africains et allemand qui s’attaquent au travail des enfants en vue d’atteindre les OMD d’ici 2015. Elle encourage aussi tous les gouvernements à allouer des fonds publics pour lutter contre le travail des enfants et réaliser le programme d’Education pour tous, tout en arrêtant d'invoquer la crise financière mondiale pour justifier de façon inconsidérée les restrictions budgétaires en matière d’éducation.