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RMS 2011: Les conflits armés entravent la progression de l’EPT

Publié 1 mars 2011 Mis à jour 1 mars 2011

L’édition 2011 du Rapport mondial de suivi sur l’Education Pour Tous (RMS) révèle que les conflits armés détruisent les espoirs et les ambitions de générations d’enfants, de jeunes et d’adultes dans une mesure encore jamais observée.

Le Rapport « La crise cachée: les conflits armés et l’éducation » révèle que les conflits sont un obstacle majeur à la réalisation de l’Education pour Tous (EPT) et leur impact sur l’éducation est une « crise cachée » qui renforce la pauvreté, affaiblit la croissance économique et freine les progrès des pays.

S’il reconnaît les progrès accomplis jusqu’à présent – 52 millions d’enfants supplémentaires ont été scolarisés dans le primaire entre 1999 et 2008 – le RMS souligne néanmoins que 67 millions d’enfants sont encore non scolarisés tandis que 796 millions d’adultes – dont près des deux tiers sont des femmes – manquent encore des compétences élémentaires en matière d’alphabétisme.

Outre ces chiffres frappants, l’IE s’inquiète également du constat selon lequel, d’ici à 2015, il faudra 1,9 million d’enseignants de plus pour atteindre l’enseignement primaire universel, et de l’impact potentiellement négatif de la tendance émergente des gouvernements de nombreux pays à embaucher des enseignants non qualifiés ou sous-qualifiés.

Le RMS révèle que 42% des enfants non scolarisés vivent dans des pays touchés par un conflit. L’échelle et l’étendue des attaques violentes répétées à l’encontre des écoles, des élèves et des enseignants, et notamment la violence sexuelle à l’égard des filles et des femmes, le recrutement d’enfants soldats, continuent de frapper en tout point du globe avec la même force. Il en résulte, pour les enfants, une peur toujours plus grande d’aller à l’école; pour les parents, d’y envoyer leurs enfants; et pour les enseignants, une peur continuelle d’y enseigner.

Le RMS brosse également un tableau bien sombre de l’état de l’éducation dans les camps de réfugiés. L’éducation est le parent pauvre d’un système d’aide humanitaire insuffisamment financé et irresponsable, alors que de nombreux pays n’autorisent pas l’accès des réfugiés à l’enseignement public ou à d’autres services de base.

À l’inverse, les dépenses militaires détournent les ressources de l’aide de nombreux pays donateurs. Le RMS note qu’à l’heure actuelle, 21 pays en développement dépensent plus pour l’armement que pour les écoles primaires. S’ils réduisaient de 10 % leurs dépenses militaires, ils pourraient scolariser 9,5 millions d’enfants de plus. Le RMS révèle également qu’il ne faudrait que l’équivalent de 6 jours des dépenses militaires totales des pays riches pour combler le déficit de 16 milliards de dollars américains qu’accuse le financement externe de l’EPT.

Le ciblage des civils par les parties statutaires et non statutaires impliquées dans des conflits armés, l’utilisation des écoles à mauvais escient pour véhiculer l’intolérance et les préjugés, ou pour diffuser une violence endémique, sont des violations flagrantes du droit international et de la philosophie de l’éducation.

L’IE insiste sur le fait que tous les établissements scolaires, élèves, enseignants et personnels administratifs doivent être protégés de la violence des conflits et des attaques, et elle appuie la recommandation du RMS qui propose de documenter les attaques à l’encontre des enfants et des enseignants et de poursuivre en justice les auteurs de crimes odieux.

L’IE convient également du potentiel de l’éducation à agir comme force puissante de résolution des conflits et elle soutient que les écoles doivent promouvoir la consolidation de la paix, la « cicatrisation » nationale et la tolérance.

Le Secrétaire général de l’IE, Fred van Leeuwen, a déclaré au sujet du RMS 2011: « Les écoles doivent être des sanctuaires sûrs garantissant paix et sécurité à tous les enfants, filles et garçons, à tous les enseignants et personnels administratifs, ainsi qu’à l’ensemble des communautés ».

« L’IE prie instamment chacune de ses organisations membres de faire pression auprès des gouvernements nationaux, des Nations Unies et de la communauté internationale, afin de garantir que tous les établissements scolaires, élèves et enseignants, soient protégés de la violence des conflits et des attaques. »

L’IE a rejoint les rangs de l’UNESCO, l’UNICEF, Save the Children et d’autres partenaires dans le cadre de la Global Coalition for Protecting Education from Attacks(Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques), afin de sensibiliser quant aux menaces auxquelles l’éducation est confrontée, cultiver le soutien public en faveur d’une éducation sûre et renforcer les systèmes actuels de suivi et de notification.