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Maroc : les enseignants en grève après de violentes manifestations

Publié 1 avril 2011 Mis à jour 5 avril 2011

En réponse à la violence avec laquelle se sont terminées les récentes manifestations organisées pour revendiquer de meilleurs avantages, les syndicalistes enseignants marocains ont décidé d’entamer une grève nationale de deux jours.

En collaboration avec la Fédération nationale des fonctionnaires de l'enseignement(UNTM) et la Fédération nationale de l'enseignement(UMT), l'un des affiliés de l'IE, le Syndicat National de l’Enseignement(SNE-FDT), a appelé ses membres à prendre part aux manifestations dans la capitale, Rabat, le 29 mars, en vue de protester contre l'issue d'une précédente manifestation au cours de laquelle 165 personnes auraient été blessés, dont 65 grièvement. Certaines d'entre elles auraient même eu des membres cassés ou des entailles en raison des affrontements avec les forces de l’ordre. D'après les syndicats, 50 personnes ont dû être transportées à l'hôpital. Le ministre de l'Intérieur et les responsables de la police n'ont pas souhaité faire de commentaires quant à cette violence.

Dans un communiqué commun, les syndicats ont déclaré que « pour témoigner de leur solidarité envers les enseignants et condamner la façon barbare utilisée pour mettre un terme à la manifestation pacifique des enseignants, ils allaient organiser une grève de 48 heures. » Ils ont également demandé à ce qu'une enquête soit ouverte sur la répression violente des forces de polices à l'encontre des enseignants, qui ne souhaitaient que faire entendre leurs inquiétudes au regard de la réforme du système éducatif national et exiger de meilleures conditions et une augmentation de salaires en fonction du diplôme pour les enseignants.

Le SNE-FDT a estimé que le taux de participation à la grève du 29 mars s'élevait à 95 %. Le 30 mars, des milliers d'enseignants étaient attendus pour former un siège devant le ministère de l'Education.

L'IE exhorte les autorités marocaines à respecter les droits syndicaux des enseignants et à veiller à ce que des enquêtes soient ouvertes sur le récent affrontement entre les forces de police et les enseignants.