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Le groupe de travail de l'IE s'attaque à la migration et aux problèmes de mobilité des enseignants

Publié 19 avril 2011 Mis à jour 3 mai 2011

La migration et la mobilité des enseignants est un phénomène international nécessitant, de la part du mouvement syndicaliste, des efforts coordonnés et concertés afin de mettre un terme à la violation des droits des enseignants migrants en tant que travailleurs.

Suite à une décision de son Bureau exécutif au mois d'octobre, l'IE a mis sur pied un groupe de travail composé de syndicalistes des pays d’accueil ou d’origine des enseignants, pour s'occuper du problème de la migration et de la mobilité de ses derniers au plan mondial. Afin de soutenir les efforts de l'IE pour mettre un terme à l'exploitation des enseignants migrants et faire bénéficier le personnel du secteur de l'éducation d’un travail décent, le groupe a été chargé d'établir un réseau virtuel d'enseignants via le site Internet de l'IE pour mener des recherches sur la migration et la mobilité et faciliter les communications entre les organisations membres de l'IE.

Le groupe de travail a tenu sa première réunion à Washington, aux Etats-Unis, du 15 au 16 avril, en présence des affiliés nationaux de l'IE, la National Education Association(NEA) et l’ American Federation of Teachers(AFT). Lors de cette réunion ont été abordés les tendances et l'évolution de la migration et de la mobilité des enseignants, ainsi que les avantages de la migration des enseignants pour les individus, les pays hôtes et d’origine. Le groupe de travail a également abordé les difficultés auxquelles doivent faire face les enseignants migrants.

Des rapports régionaux et nationaux présentés par les membres du groupe, ainsi que des recherches menées par les affiliés de l'IE, témoignent de nombreux cas de violation des droits des enseignants migrants en tant que travailleurs. Nous parlons ici de l'absence de reconnaissance des qualifications, amenant des enseignants qualifiés d'outremer à recevoir un salaire d'enseignant non qualifié, sans oublier certaines agences de recrutement ayant exploité des enseignants migrants en leur demandant des honoraires énormes et les traitant comme s'ils étaient des travailleurs soumis.

Lors d'une allocution aux membres du groupe de travail, le militant de premier plan pour l'égalité et les droits civils, le Révérend Jesse L. Jackson, a appelé à la protection des droits des enseignants migrants. Il a résumé que la moralité impose aux syndicats de s'engager en déclarant que « les droits des enseignants sont des droits de travailleurs et les droits des travailleurs sont des droits humains."

Parmi les principaux problèmes auxquels s'attaquer, le groupe de travail a identifié:

  • La nécessité de rechercher et trouver des informations, y compris la compilation de données précises au  niveau des pays sur le nombre et les catégories d'enseignants migrants;
  • La recherche et documentation sur des méthodes employées par les agences de recrutement pour faire pression sur les gouvernements afin qu'ils légifèrent sur les activités de ce type d'agences;
  • S'attaquer au problème de l'absence de reconnaissance des qualifications, plus particulièrement lorsque les enseignants, provenant de pays en voie de développement, migrent dans des pays développés;
  • Garantir l'institution de programmes de formation professionnelle continue, d'orientation et d'initiation des débutants;
  • Mettre sur pied une plateforme destinée aux enseignants migrants afin qu'ils puissent échanger leurs expériences et agir ensemble;
  • S'occuper des problèmes de migration des enseignants à tous les niveaux (locaux, nationaux, régionaux et mondiaux), notamment la recherche d'accords multilatéraux et bilatéraux entre et parmi les pays et syndicats dans les pays hôtes et d’accueil
  • Faire pression sur les pays afin qu'ils ratifient des instruments de migration internationale, notamment la Convention des Nations Unies sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille et les Conventions sur les individus migrants de l'Organisation internationale du Travail-OIT (97 et143); et
  • Collaborer avec d'autres organisations, notamment l'UNESCO, l’OIT, l'Organisation internationale pour les migrations, l'Organisation de coopération et de développement économiques, et des organisations intergouvernementales régionales, afin d'encourager et défendre les droits des enseignants migrants.

La réunion du groupe de travail a été précédée d’un forum national auquel ont participé la NEA, l'AFT, l'Université George Washington et d’autres parties prenantes, afin d'élaborer un code éthique de recrutement des enseignants au sein des Etats-Unis.