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Belgique : Les écoles de la Communauté française en grève

Publié 9 mai 2011 Mis à jour 10 mai 2011

Les enseignants des écoles en Communauté française de Belgique ont entrepris une grève le 5 mai. Pour la première fois en 15 ans, les syndicats francophones membres des confédérations syndicales CSC et CGSP ont organisé une action conjointe, pour protester contre le recul de l'âge de la retraite, l'affaiblissement des termes et conditions de travail, ainsi que l'investissement insuffisant en faveur de l'éducation dans les écoles de la Communauté française du pays.

Suite à l'échec des négociations avec le gouvernement de la Communauté française en avril dernier, les confédérations ont condamné la décision de repousser l'âge de la retraite de 55 ans à 58 ans, car cela signifie qu’au lieu d'arrêter totalement de travailler à 55 ans, les enseignants seront contraints de travailler à temps partiel jusqu’à 58 ans. Pendant ce temps là, ils verront leur salaire diminuer de 65% à seulement 50% du salaire normal.

Les confédérations ont également fait valoir que le budget de 30 millions d'euros alloués à l'enseignement par le gouvernement de la Communauté française est insuffisant, particulièrement pour venir en aide aux élèves en difficultés scolaires. Elles considèrent que le principe d'une éducation publique de qualité pour tous ne peut ainsi pas être garanti.

Parmi les autres revendications clés et inquiétudes formulées par les confédérations syndicales figuraient les salaires des enseignants, la couverture des arrêts maladie et les conditions de sécurité et de santé au sein des écoles.

« Les enseignants, c’est un peu comme des matières premières : à force de les exploiter, on crée la pénurie », a déclaré Eugène Ernst, Secrétaire général de CSC-Enseignement. « Si le métier d’enseignant est si cool, comme le dit le gouvernement, pourquoi y a-t-il de moins en moins de candidats chaque année ? Pourquoi tant de jeunes, voire des collègues des plus expérimentés, abandonnent-ils le métier ? Nous avons l'opportunité d'attirer les jeunes vers notre profession, mais, à cause de ces politiques, nous passons à côté. »