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Egypte: Le syndicat d’enseignants indépendantse bat pour obtenir des droits

Publié 8 juillet 2011 Mis à jour 13 juillet 2011

Le syndicat d’enseignants indépendant réclame la promulgation d’une législation assurant les droits syndicaux. L’Independent Teachers Union of Egypt (ISTT), membre de l'IE, a été fondé en 2010 avant la révolution et fait partie de la Fédération syndicale indépendante.

Le mois dernier, deux enseignants auxiliaires - ou sous contrat - ont été arrêtés par les forces militaires lors de l'interruption d'un sit-in des enseignant(e)s réclamant des contrats permanents. Les forces de sécurité ont encerclé le sit-in, qui se passait dans le calme, et ont lancé des tirs dans sa direction.

Certains de ces enseignant(e)s auxiliaires sont sous contrat temporaire depuis plus de 20 ans. De nombreux enseignant(e)s savent que le maintient des contrats temporaires, sans sécurité d'emploi et à bas salaire, est l'une des principales pratiques gouvernementales pour tenter de détruire les syndicats d'enseignant(e)s, épargner de l'argent et miner l'éducation.

Le gouvernement égyptien doit encore promulguer le décret du 02 mars 2011 qui stipule que les contrats temporaires des enseignant(e)s doivent être transformés en contrats permanents une fois la personne en poste depuis 3 ans. L'organisation membre de l'IE réclame également une augmentation de salaire de 25%.

Ayman Albaili, porte parole de l'ISTT, a déclaré: « Un(e) enseignant(e) débutant(e) perçoit l'équivalent de 15 dollars par jour et seulement 50 dollars après cinq ans d'enseignement. Le régime précédent considérait l'éducation comme un luxe que les parents pouvaient se permettre ou non, et le rôle des enseignant(e)s était marginalisé dans les processus décisionnels concernant l'éducation. Notre syndicat veut réaffirmer le rôle essentiel des enseignant(e)s dans le processus d'éducation et améliorer leur statut et leurs droits. »

La Fédération syndicale indépendante en appelle à la solidarité internationale dans sa lutte pour obtenir des droits syndicaux fondamentaux comme la décriminalisation des grèves et des manifestations. Elle demande également de mettre fin aux financements et aux interventions de l'étranger.

Kamal Abu Aita, l'un des fondateurs de la fédération – et membre de la RETA, le syndicat de l'organisme des impôts, a déclaré: « Parfois quand les gens parlent de solidarité internationale, ils pensent aux syndicalistes des pays comme l'Egypte qui bénéficient de formations données par des collègues du monde développé. Je pense que la formation peut être utile, mais je préfère la qualifier d'échange d'expériences. La solidarité est comme une conversation où chacun apprend de l'autre. »

L'IE soutient cette déclaration comme modèle de solidarité mondiale qui devrait être notre objectif.

Pour lire l'entretien complet avec Kamal Abu Aita (en anglais), cliquez ici. http://menasolidaritynetwork.com/2011/07/06/egypt-solidarity-is-a-conversation-interview-with-kamal-abu-aita/

L'IE a organisé une réunion des syndicats indépendants des pays arabes en vue de relayer l'appel syndical indépendant et critique dans la région. Des délégué(e)s d'Algérie, d'Egypte, d'Irak, de Jordanie, du Koweït, du Liban, de Mauritanie, du Maroc, de Palestine, de Tunisie et du Yémen se sont rassemblé(e)s à la conférence. Ils/Elles ont déploré l'absence des délégués du Bahreïn, due à la détention de leurs dirigeant(e)s. Pour lire le rapport de cette réunion, consultez http://www.ei-ie.org