Ei-iE

ONU : Résolution sur le droit à l’éducation en temps de conflit

Publié 15 juillet 2011 Mis à jour 20 juillet 2011

L’IE salue l’adoption d’une nouvelle résolution par le Conseil de sécurité des Nations Unies comme un pas en avant décisif pour prévenir les attaques contre les écoles et en faire des lieux sûrs pour les élèves et le personnel éducatif en temps de conflit armé.

La nouvelle résolution a été adoptée le 12 juillet par le Conseil de sécurité des Nations Unies, chargé de maintenir la paix et la sécurité internationales. Ses pouvoirs spécifiques, exercés au travers des résolutions, incluent le maintien de la paix, l’établissement de sanctions internationales et l’intervention militaire.

La résolution appelle le Secrétaire général des Nations Unies à signaler les parties à un conflit armé qui se livrent à des attaques contre des écoles et des hôpitaux et/ou leur personnel, ou qui menacent de le faire. Elle appelle également l’ONU à surveiller la situation en ce qui concerne l’utilisation d’écoles et d’hôpitaux à des fins militaires. Les parties qui se livrent à des attaques contre ces institutions seront tenues de négocier avec l’ONU pour élaborer des plans d’action assortis d’échéances, dans le but de mettre fin à ces violations.

La première prise de conscience mondiale de l’ampleur des attaques dirigées contre l’éducation a eu lieu en 2007 avec la publication de l’UNESCO intitulée « L’éducation prise pour cible». L’UNESCO a actualisé cette publication en 2010, donnant ainsi un nouvel élan à la question.

En 2008, le Bureau exécutif de l’IE a adopté une recommandation sur « L’éducation prise pour cible et la persécution des enseignant(e)s »; la Déclaration de l’IE « Les établissements scolaires doivent être des havres de paix» a été adoptée en 2009.

En sollicitant l’implication de la communauté internationale dans le cadre de cette initiative, l’IE a contribué à la formation d’une Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques ( GCPEA). La Coalition, lancée avec succès en juin 2011, est en mesure d’initier une action cohésive et concertée de protection de l’éducation face aux attaques.

Ces quatre dernières années, les forces armées et les groupes armés non étatiques se sont livrés à des attaques contre des institutions scolaires, des élèves et des enseignant(e)s, et ont interrompu le cursus scolaire dans plus d’une trentaine de pays. Le dernier rapport en date du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants en temps de conflit armé documente les préjudices physiques directs subis par les écoles, la fermeture des établissements scolaires pour cause de menaces et d’intimidation, et l’utilisation des écoles à des fins militaires ou de recrutement dans le contexte des conflits armés à travers le globe.  Plus de 28 millions d’enfants non scolarisés vivent dans des pays en proie aux conflits armés. Il s’agit là d’un obstacle majeur à la réalisation de l’Education pour Tous, comme le démontre le Rapport mondial de suivi sur l’Education pour Tous 2011.

La Coalition GCPEA a salué la nouvelle résolution du Conseil de sécurité et appelé les forces armées et les groupes armés non-étatiques a cesser sans délais leurs attaques contre les écoles, les enseignant(e)s et les élèves, et à respecter les nouvelles mesures établies par l’ONU afin de protéger l’éducation en temps de conflit armé.

La présidente de la coalition GCPEA, Zama Coursen-Neff, a tenu les propos suivants: « Les attaques contre l’éducation coûtent la vie aux élèves et aux enseignant(e)s et engendrent un recul spectaculaire de l’assiduité scolaire, laissant un nombre incalculable d’enfants sans aucune éducation. Le Conseil de sécurité a mis en garde les forces militaires et les groupes armés en précisant que de telles violations ne sauraient être tolérées. »

Jan Eastman, Secrétaire générale adjointe de l’IE, a déclaré: « Les conflits armés et les attaques contre l’éducation détruisent non seulement les infrastructures scolaires mais aussi les espoirs et les ambitions de générations d’enfants, d’enseignant(e)s, d’universitaires et de travailleurs/euses de l’éducation, à une échelle souvent méconnue. Cette résolution apporte de bonnes nouvelles. Elle se présente comme un instrument pour contrer la progression alarmante des attaques politiques et militaires violentes et respecter la promesse collective qui a été lancée lors du Forum mondial de l’éducation à Dakar en 2000, à savoir: ‘Les écoles devraient être respectées et protégées comme des sanctuaires et des zones de paix’ ».

L’IE reste engagée dans de multiples initiatives cohésives destinées à assurer que les écoles soient des sanctuaires sûrs et que le droit à l’éducation soit non seulement respecté, mais aussi maintenu. L’IE exhorte la communauté internationale à prendre des mesures continues pour garantir la protection de l’éducation en temps de conflit et favoriser la réalisation de son potentiel en tant que vecteur de paix à travers le monde. L’IE invite ses membres à s’impliquer dans les activités de surveillance et notification des attaques à l’encontre de l’éducation, du personnel éducatif et des syndicalistes, et à se joindre à l’appel lancé pour faire cesser toute impunité.

À cette fin, les organisations affiliées peuvent s’appuyer sur la Déclaration de 2009 de l’IE « Les établissements scolaires doivent être des havres de paix».

Le Comité directeur de la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (GCPEA) inclut le Council for Assisting Refugee Academics (Conseil d’aide aux universitaires réfugiés), l’ONG Education Above All, l’IE, Human Rights Watch, l’ Institute of International Education, Save the Children, l’UNESCO, l’UNICEF et l’UNHCR.