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Bahreïn: une dirigeante du syndicat de l’éducation appelle à la solidarité internationale

Publié 18 octobre 2011 Mis à jour 21 octobre 2011

Jalila Al-Salman, Vice-présidente de la Bahraini Teachers’ Association (BTA), a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle soutienne la lutte légitime des enseignant(e)s pour les droits humains et syndicaux.

Le tribunal de première instance de sécurité nationale (juridiction militaire du Bahreïn) a condamné, le 25 septembre, Al-Salman et le Président de la BTA, Mahdi Abu Dheeb, à une peine d’emprisonnement respectivement de trois et de dix ans, pour avoir pris part à des manifestations pacifiques dans la capitale, Manama, en mars dernier.

Ils ont été arrêtés avec plusieurs membres du Conseil de la BTA après avoir appelé à une grève des enseignant(e)s durant les soulèvements civils en faveur de la démocratie. Si leurs collègues ont été libérés en attendant le procès, les deux dirigeants syndicaux ont été poursuivis en justice pour des chefs d’accusation douteux, qui comprennent « l’abandon délibéré du travail, l’encouragement à d’autres syndicalistes à en faire de même et la participation à des rassemblements illégaux ».

Le régime du Roi Al Khalifa a, en outre, dissous la BTA et a réprimé les enseignant(e)s en recourant au harcèlement et à l’intimidation, notamment la suspension des salaires, des licenciements collectifs, des arrestations et des détentions arbitraires et, dans certains cas, des allégations de torture.

Selon Al-Salman, plus de 8.000 enseignant(e)s ont été touché(e)s par ces mesures depuis le début de la répression: « Un climat de peur règne actuellement parmi les éducateurs, qui se demandent qui seront les prochaines victimes ».

Elle a, en outre, expliqué que 2.500 enseignant(e)s ont été recruté(e)s en Egypte pour remplacer les enseignant(e)s bahreïni(e)s licencié(e)s, tout comme 6.500 volontaires locaux non qualifiés: « La qualité de notre système éducatif est définitivement sapée. Ils engagent des enseignant(e)s non qualifié(e)s, alors que certains de nos directeurs adjoints d’école travaillent désormais comme pêcheurs et les enseignant(s) comme peintres et décorateurs. La situation est critique. »

Le président de la BTA, Abu Dheeb, a été transféré, la semaine dernière, de la prison de Laqareen à la tristement célèbre prison de Jaw, qui a fait l’objet d’une inspection par la Bahrain Human Rights Society(Société des droits humains de Bahreïn) pour violation des normes internationales. Des informations font état d’abus dans la section de la détention où les nouveaux détenus sont d’abord incarcérés avant de se voir attribuer une cellule permanente.

Les deux dirigeants syndicaux feront appel de leur condamnation lors d’une audience le 11 décembre.

Après avoir demandé une autorisation de sortie de prison jusqu’à la fin de la procédure d’appel, Al-Salman a d’abord été libérée, mais a, par la suite, été arrêtée à nouveau aux premières heures de la matinée par des membres des forces de sécurité, masqués et en civil, qui se sont rendus à son domicile sans aucun mandat officiel d’arrestation.

Un associé d’Al-Salman a informé l’IE qu’il était convaincu que l’arrestation de Jalila était liée à ses dénonciations des violations des droits des femmes ainsi que des abus continus dont sont victimes les enseignant(e)s au Bahreïn.

L’IE a exhorté, à maintes reprises, les autorités bahreïnies à respecter les droits humains et syndicaux fondamentaux, ainsi que les libertés des enseignant(e)s. L’IE a également lancé un appel d’action urgente pour mobiliser la solidarité internationale en faveur d’Al-Salman et d’Abu Dheeb.

Si vous partagez l’indignation de l’IE face aux abus dont sont victimes les syndicalistes au Bahreïn, merci de bien vouloir signer dès maintenant notre pétition.