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L'éducation éprouve des difficultés à transmettre les valeurs fondamentales

Publié 27 novembre 2014 Mis à jour 18 décembre 2014

Le lien entre le radicalisme qui sévit au Moyen-Orient et le déficit des valeurs que connaît actuellement l'Europe, figurait au premier rang des points abordés à Vienne par le Secrétaire général de l'Internationale de l'Education, à l'occasion d'une conférence sur l'avenir de la profession enseignante.

Peut-on observer une corrélation entre les milliers de jeunes qui fuient l'Europe pour rejoindre les rangs de l'Etat islamique et les lacunes que connaissent bon nombre de nos systèmes scolaires ? Telle fut la question soulevée par Fred van Leeuwen, Secrétaire général de l'Internationale de l'Education (IE), à l'occasion de la conférence des syndicats de l'éducation européens sur l'avenir de la profession enseignante, qui s'est tenue à Vienne les 26 et 27 novembre.

Van Leeuwen a déclaré que, dans de nombreux pays, « l'éducation et l'enseignement de qualité étaient mis à mal par les mesures d'austérité, les tableaux de classements et les programmes scolaires inégaux » – une situation qui entraîne une hausse du nombre d'enfants laissés pour compte et ayant perdu tout sentiment d'appartenance. Si les responsables politiques souhaitent que l'éducation soit avant tout considérée comme un moyen de promouvoir la croissance économique au sein de leur pays, ils oublient le fait que nos systèmes éducatifs remplissent également la mission cruciale de transmettre les valeurs démocratiques qui sous-tendent nos cultures et nos sociétés.

« Au vu de la surcharge de travail que représentent les tâches administratives et les corrections de tests, nous risquons de ne plus pouvoir transmettre ces valeurs », a déclaré Fred van Leeuwen, en faisant référence à la montée de l'extrême droite dans l'ensemble de l'Europe, ainsi qu'à la propagation de la xénophobie, du racisme, de l'antisémitisme et de l'islamophobie.

Alors que la nécessité d'une éducation de qualité n'a jamais été aussi forte, les enseignant(e)s rencontrent des difficultés dans le monde entier, a souligné le Secrétaire général de l'IE. « Hormis quelques exceptions notables, un nombre toujours plus important d'enseignantes et enseignants sont tenus de travailler sous contrats à durée déterminée, leur charge de travail ne cesse de croître, leur marge de manœuvre se réduit comme peau de chagrin, leur autonomie est mise à mal et leur accès au développement professionnel est limité. »

Et Fred van Leeuwen de poursuivre en insistant sur le fait que les enseignant(e)s « étaient souvent rémunérés en dessous du salaire minimum et que, dans certains pays, ils ne disposaient même pas des qualifications, des compétences, du soutien et du matériel d'apprentissage nécessaires pour pouvoir enseigner, et bien enseigner », avant d'ajouter que « la génération actuelle d'enseignantes et enseignants est vieillissante » et que « un nombre alarmant de jeunes enseignante et enseignants quittent la profession au terme de quelques années d'enseignement seulement ».

En appelant les participant(e)s à se rallier à sa cause, le Secrétaire général a exhorté les gouvernements européens à prêter une oreille attentive à leurs éducateurs/trices. « Ecoutez les enseignantes et enseignants et les professeures et professeurs sur leur lieu de travail, et écoutez les représentantes et représentants de la profession enseignante comme les syndicats de l'éducation, à tous les niveaux du développement des politiques en matière d'éducation », a-t-il clamé.

Cliquez ici pour consulter le discours de Fred van Leeuwen dans son intégralité (en anglais).