Ei-iE

Syndicats européens: l’éducation est un bien public, pas une marchandise

Publié 15 janvier 2015 Mis à jour 6 février 2015

Réunis à Vienne pour remettre en question le programme de libéralisation, les syndicats issus de toute l’Europe ont pour priorité numéro un d’exclure les services publics, y compris l’éducation, des accords commerciaux potentiels.

Au cours des deux prochains jours, plus de 100 délégué(e)s syndicaux/ales du secteur public, issus de 25 pays européens, seront réunis à Vienne, en Autriche, en vue de discuter des problèmes potentiels que soulèvent le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI), l’Accord économique et commercial global (AECG) et l’Accord sur le commerce des services (ACS).

Cet événement organisé par la Fédération syndicale européenne des services publics (FSESP), le Comité syndical européen de l’éducation (CSEE), la région européenne de l’Internationale de l’Education, la Chambre de commerce autrichienne (AK) et la Fédération syndicale autrichienne ÖGB, se tiendra les 15 et 16 janvier.

Il appartient aux gouvernements d’offrir une éducation de qualité

« Les réglementations régissant l’accès au marché risquent de fortement restreindre la capacité des Etats ayant pris des engagements en faveur des services d’éducation en vue de limiter et de réglementer les opérations des institutions et des écoles privées et à but lucratif », a déclaré Rømer.

Le CSEE défend fermement l’éducation de qualité publique et gratuite pour tous, et reste convaincu que l’éducation est un droit humain et un bien public, placé sous la responsabilité des gouvernements, a-t-il souligné. « Le CSEE considère que les négociations commerciales en cours représentent un risque considérable pour l’éducation publique et exige, par conséquent, de ne pas inclure l’éducation dans les accords commerciaux - une position que je réitérerai à Vienne. »

Libéralisation des services publics dans les accords commerciaux: un danger pour le modèle social européen

Dans une déclaration conjointe publiée le 14 janvier, le Secrétaire général de la FSESP, Willem Goudriaan, et le Directeur européen du CSEE, Martin Rømer, ont souligné que « les gouvernements devraient concentrer leurs efforts sur des objectifs et des mesures visant à protéger et à améliorer l’accès de tout un chacun à une santé, une éducation et à d’autres services publics de grande qualité, et non sur les processus de libéralisation ».

Ils ont également déclaré que l’AECG, l’ACS et le PTCI ne devraient pas être à même de porter préjudice aux services publics là où ils existent ou de les empêcher de voir le jour là où ils n’existent pas encore.

Ils ont souligné que tous les citoyens bénéficient de services publics fondés sur la solidarité, reposant sur les valeurs et les principes d’accès universel, d’accessibilité financière, de contrôle démocratique, de continuité et d’égalité. Les services publics sont également indispensables dans la mesure où ils favorisent le développement et la cohésion économique et sociale, l’égalité des chances, la création d’emploi, ainsi que la répartition équitable des revenus et des richesses.

La FSESP et le CSEE demandent depuis de nombreuses années un agenda européen constructif pour les services publics dans le cadre de leurs revendications pour une Europe sociale. Le traité de l’UE et la charte contraignante des droits humains fondamentaux prévoient le droit à l’accès aux services publics. Les deux organisations regrettent toutefois que l’Union européenne doive encore donner « du poids » à la valeur des services sociaux qu’elle soutient.

Pour de plus amples informations sur le PTCI, rendez-vous sur la page dédiée du site du CSEE.