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Russie: « la rémunération en fonction des performances inquiète les enseignants »

Publié 24 septembre 2015 Mis à jour 30 septembre 2015

En Russie, les procédures d’évaluation des enseignant(e)s et la rémunération en fonction des performances sèment le trouble au sein de la profession. Le syndicat de l’éducation russe a fait part de son inquiétude aux autorités publiques des régions, des districts et des municipalités de tout le pays.

« Trente pour cent du salaire d’un enseignant sont calculés sur la base de ses performances et déterminés au niveau de l’école. Seuls soixante-dix pour cent de son salaire mensuel sont garantis. Les enseignantes et enseignants ne se sentent désormais plus en sécurité, notamment car aucun critère satisfaisant n’a été adopté afin d’évaluer leurs performances. » Selon Galina Merkulova, Présidente du syndicat de l’éducation russe ESEUR, les procédures d’évaluation des enseignant(e)s, source de frustration au sein de la profession, font l’objet de discussions avec les autorités publiques.

Le 22 septembre, le Bureau exécutif de l’ESEUR s’est réuni à Iessentouki, une ville du Caucase du Nord située dans la région de Stavropol, l’une des 80 structures régionales du syndicat. Laura Manayeva, Présidente de l’organisation régionale, a mis en lumière le fait que son organisation déployait tous les efforts possibles afin de stimuler le dialogue social avec les autorités à l’échelle des régions, des districts et des municipalités. « La situation n’est pas simple. Au cours des cinq dernières années, cinq ministres de l’Education différents se sont succédé, et à chaque fois, nous avons eu l’impression de repartir de zéro. Le problème, c’est que ce n’est pas le ministre de l’Education, mais bien le ministre des Finances qui joue un rôle déterminant dans notre gouvernement régional », déclare-t-elle. Laura Manayeva souligne également que le budget alloué à l’éducation ne permet pas de répondre aux besoins du secteur pour garantir une éducation de qualité. Elle a également affiché une certaine inquiétude face aux jeunes enseignant(e)s qui quittent la profession après quelques années seulement. « C’est la charge de travail de plus en plus lourde, notamment sur le plan administratif, qui les pousse à abandonner », ajoute-t-elle.

Dans la plupart des régions, l’ESEUR a mis sur pied des Conseils de jeunes enseignant(e)s, qui orientent le travail des syndicats au regard des besoins de leurs plus jeunes membres. Laura Manayeva a ajouté qu’il existait une différence notable entre les jeunes générations des syndicalistes, et les plus anciennes. « Les jeunes enseignants comptent sur nous pour les aider à devenir de meilleurs enseignants et pour leur offrir davantage d’opportunités de développement professionnel. Ils semblent moins inquiets des questions de retraite et de salaire, qui préoccupent fortement leurs aînés. »

Représentant plus de 4,5 millions d’enseignant(e)s, de membres du personnel de soutien à l’éducation et d’élèves, ce syndicat de l’éducation russe constitue le plus grand syndicat membre de l’IE en Europe.