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Nouvel agenda mondial de l'éducation adopté à Paris

Publié 5 novembre 2015 Mis à jour 17 novembre 2015

L'avenir de l'éducation bénéficie désormais d'une nouvelle feuille de route suite à l'adoption par des dirigeant(e)s politiques du monde entier du Cadre d'action dans la capitale française. L'approche novatrice du texte en ce qui concerne le financement et l'inclusion est source d'espoir.

La route vers 2030 prend forme à Paris, tandis que la Conférence Générale de l'UNESCO se déroule du 3 au 18 novembre. Des dirigeant(e)s mondiaux/ales ont adopté à l'unanimité le nouveau Cadre d'action (Framework for Action - FFA) sur l'éducation, « une pierre angulaire au sein du programme de développement durable », d'après Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO.

Le nouveau texte, qui est le résultat d'un processus de longue haleine qui a débuté à Jomtien en 2000, a été salué comme étant une approche approfondie et ambitieuse aux réformes indispensables pour faire de l'éducation pour tou(te)s une réalité. Quian Tang, Le Sous-Directeur général Education de l'UNESCO a souligné que la vision sous-tendant le Cadre d'action consiste à ne laisser personne pour compte, met l'accent sur la notion de l'éducation en tant que bien public et droit humain, et fait de l'égalité des genres un élément central de ses revendications.

Tang a souligné le rôle important des gouvernements dans la mise en oeuvre du nouveau Cadre d'action et a également souligné que la réussite du Cadre d'action dépendra de cadres juridiques robustes garantissant la transparence et la reddition de comptes. Les états membres, constituant la pierre angulaire sur laquelle repose la réalisation du nouveau programme, bénéficieront d'un soutien sous forme d'assistance et de conseils fournis la Banque mondiale et l'Organisation internationale du Travail.

Du partenariat vers une voix forte et unie

Nombre d'intervenant(e)s, de ministres, de fonctionnaires de l'UNESCO et de représentant(e)s d'autres organisations ont salué la rédaction du Cadre d'action comme étant un effort collectif réussi qui avait impliqué des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux. Irina Bokova a cité l'Internationale de l'Education (IE) comme l'un des partenaires impliqués dans la réussite du Cadre d'action, car, d'après elle, il n'aurait pas été suffisant « de simplement avoir une vision, mais également d'avoir le soutien nécessaire à sa mise en oeuvre ».

Fred van Leeuwen, Secrétaire général de l'IE, s'est adressé à l'assistance, soulignant le fait que « si les gouvernements nationaux souhaitent réellement réaliser l'Objectif 4 et ses 10 objectifs subsidiaires, ils doivent être à l'écoute des enseignantes et enseignants. Dans de trop nombreux pays, il n'existe aucun dialogue constructif avec les autorités de l'éducation. » Il a en outre averti les dirigeant(e)s politiques que « nous ne réussirons que si les gouvernements démontrent un engagement fort et du courage politique par le biais de politiques audacieuses, d'action solide, et de fonds suffisants pour assurer la mise en oeuvre intégrale de cet objectif et de ces cibles. »

D'après van Leeuwen, les précédentes tentatives visant à réaliser l'éducation pour tou(te)s ont manqué de financements adéquats. Cela a eu des conséquences graves sur la qualité de l'enseignement: « Tous les apprenantes et apprenants doivent recevoir un enseignement fourni par des enseignants et enseignantes qualifiés bénéficiant d'un soutien adéquat, offrant un riche programme intéressant qui ne soit pas déformé par les excès des examens standardisés. »

Sans financement, le système d'éducation risquerait de devoir s'ouvrir à la privatisation et la commercialisation, avec pour résultat un accès plus restreint et une qualité diminuée.  « Gratuit signifie gratuit pour toutes et tous », a rappelé Mr. van Leeuwen, qui a également ajouté la remarque: « Il n'y a pas de place pour les frais de scolarité, les frais cachés et les prestations privées à but lucratif dans vos plans d'action nationaux. »