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Irak: les arriérés de salaires des enseignant(e)s doivent être payés immédiatement

Publié 3 février 2016 Mis à jour 4 février 2016

L’Internationale de l’Education a fermement protesté auprès du Premier ministre irakien concernant les retards de paiement des salaires des enseignant(e)s travaillant dans la région du Kurdistan irakien.

Dans une lettre, le Secrétaire général Fred van Leeuwen, a exprimé « la déception de l’Internationale de l’Education, après avoir appris via l’un de ses affiliés en Irak - Kurdistan Teachers Union(KTU) - que les enseignant(e)s et les employé(e)s de l’éducation travaillant dans la région du Kurdistan n’avaient perçu aucun salaire depuis septembre 2015 ».

L’investissement demeure crucial

Dans son courrier envoyé à Son Excellence Haider al-Abadi le 2 février dernier, van Leeuwen souligne : « En période de récession, il est essentiel d’investir dans les services publics, et plus spécifiquement dans l’éducation, pour favoriser la reprise et apporter aux crises économiques la meilleure réponse stratégique qui soit ».

Investir dans l’éducation, a-t-il ajouté, sous-entend également un investissement dans les effectifs, afin qu’ils puissent rester motivés et bénéficier d’une formation et d’un encadrement appropriés leur permettant de dispenser un enseignement de qualité à leurs élèves.

Une force démocratique

Il souligne également que l’éducation demeure essentielle au renforcement de la démocratie et de la cohésion sociale et encourage le respect du vivre ensemble et de la diversité culturelle et linguistique.

Van Leeuwen rappelle avec insistance « le rôle crucial que joue l’éducation dans l’instauration de la paix, de la tolérance et de la non-violence, en particulier dans un pays tel que l’Irak, en proie à la guerre, à l’extrémisme et au terrorisme ».

Recommandations de l’IE

L’IE demande instamment aux autorités irakiennes de prendre les mesures urgentes suivantes:

•             Procéder au versement immédiat des arriérés de salaire de tou(te)s les enseignant(e)s concerné(e)s

•             Prendre les mesures adéquates pour éviter que de tels retards de paiement ne se reproduisent à l’avenir

•             Respecter les droits et libertés fondamentaux du personnel enseignant, conformément aux normes internationales du travail

•             Engager un dialogue constructif avec les organisations d’enseignants irakiennes et accéder aux revendications légitimes du personnel enseignant, réclamant des conditions de travail et un statut décent

A propos du KTU

Enchaînant les mouvements de grève pour réclamer le paiement des salaires, les membres du KTU ont souligné que le gouvernement local avait prétendu que la région souffrait de la chute des tarifs pétroliers et du coût de la guerre menée contre les forces de l’Etat islamique

Toutefois, le KTU a pointé du doigt que le gouvernement du Kurdistan continuait à vendre du pétrole, mais sans pour autant se décider à verser le salaire des employé(e)s de la fonction publique. Le syndicat a également insisté sur le fait que les enseignant(e)s devaient faire face à l’afflux massif de 1,8 million de réfugié(e)s en provenance de Syrie et d’autres régions d’Irak.