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Une même profession, une même voix: les syndicats d’enseignants unis à Berlin

Publié 3 mars 2016 Mis à jour 8 mars 2016

Lorsque les ministres de l’Education prendront place autour de la table à l’occasion du sixième Sommet international sur la profession enseignante à Berlin, en Allemagne, ils se retrouveront face à une seule et même voix commune pour tou(te)s les enseignant(e)s.

Si les syndicats d’enseignants n’en avaient pas pris l’initiative, la toute première édition du Sommet international sur la profession enseignante (ISTP), tenue à New York, en 2011, n’aurait jamais vu le jour. Cinq années plus tard, à la veille du sixième Sommet international sur la profession enseignante qui s’ouvre à Berlin, la voix de la profession enseignante est plus forte que jamais.

Pour préparer ce Sommet, l’Internationale de l’Education (IE) et ses affiliés se sont retrouvés dans la capitale allemande pour s’unir autour du thème « Développement et formation professionnelle des enseignant(e)s: créer les conditions permettant de parvenir à un enseignement de qualité pour d’excellents résultats d’apprentissage », et s’apprêtent à nouer un véritable dialogue avec 23 gouvernements, en vue de répondre aux inquiétudes de leurs enseignant(e)s. C’est ce qui fait toute l’importance et la singularité de cet événement organisé chaque année.

« Le sixième Sommet international sur la profession enseignante ne se tient pas dans n’importe quelles circonstances », a déclaré le Secrétaire général de l’IE Fred van Leeuwen. « En effet, les Nations Unies viennent de s’accorder sur une série d’Objectifs de développement durable, qui comprennent des objectifs essentiels en matière d’éducation, applicables à tous les pays. Ce Sommet représente donc une opportunité de taille pour élaborer des politiques d’éducation qui permettront d’atteindre ces objectifs. »

Outre les objectifs de développement, la crise des réfugié(e)s a montré que l’éducation allait bien au-delà des seules salles de classe. Van Leeuwen a une nouvelle fois réaffirmé que les syndicats de l’éducation constituaient le fer de lance des efforts déployés pour veiller à ce que chaque enfant réfugié puisse lui aussi recevoir une éducation de qualité.

Dennis Shirley, professeur d’éducation à la Lynch School of Education du Boston College, s’est adressé aux délégué(e)s des syndicats d’enseignants participant à l’ISTP. La nécessité de s’appuyer sur l’éducation pour transformer les vies constituait le thème central de la présentation exceptionnelle de Dennis, qui a véritablement inspiré les affiliés de l’IE.

« J’espère que nous cherchons toutes et tous à réaliser ces objectifs avec le plus haut niveau d’intégrité », a déclaré Shirley. « Au sein de nos écoles, nous devons créer un environnement propice à l’épanouissement de nos enseignantes et enseignants. Les enseignantes et enseignants sont le reflet de leur environnement culturel. »

Revenant sur certains rapports, tels que les études PISA et Surpassing Shanghai qui, selon lui, alimentent le Mouvement pour la réforme globale de l’éducation (GERM), Shirley a demandé pourquoi il existait toujours un objectif visant à aller au-delà de leurs résultats, plutôt qu’à en tirer des leçons.

Shirley a également abordé certaines problématiques auxquelles les mondes de l’éducation et de la politique étaient tous deux confrontés, mais est également revenu sur les enseignements tirés par le passé.

Après avoir rappelé le fait que le Sommet se tenait dans le Berlin-Est d’autrefois, Dennis a comparé la révolte qui avait conduit à la chute du Mur à la situation que connaît actuellement l’éducation. Prenant l’exemple des parents qui refusent les systèmes de tests aux Etats-Unis, ce qu’il a qualifié de « révolte de masse », Dennis Shirley a souligné qu’« il fallait être solide » pour améliorer la condition humaine.

Ce Sommet, qui se tiendra les 3 et 4 mars, est organisé par la Conférence permanente des ministres de l’Education et des Affaires culturelles des Länder de la République fédérale d’Allemagne, avec le soutien de l’IE et de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Environ 400 participant(e)s, dont 23 ministres de l’Education, provenant de 24 pays devraient assister à cet événement.