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L’ONU lance la mise en œuvre des Objectifs de développement durable

Publié 22 avril 2016 Mis à jour 26 avril 2016

Pour la première fois depuis l’adoption des Objectifs de développement durable en septembre dernier, l’ONU a réuni ses Etats membres, des organisations de la société civile ainsi que des dirigeant(e)s d’entreprise en vue d’établir des partenariats « fructueux et efficaces » pour la réalisation des 17 Objectifs d’ici 2030.

Dans son allocution d’ouverture, Mogens Lykketoft, Président de l’Assemblée des Nations Unies, a affirmé que les Objectifs de développement durable (ODD) représentaient une nouvelle opportunité pour la communauté internationale de bâtir un monde meilleur et plus juste, que les Etats membres ne pouvaient se permettre de manquer, et a souligné la nécessité d’agir.

Leymah Ghowee, la lauréate du prix Nobel originaire du Liberia, a quant à elle défini les ODD comme « un nouveau contrat social pour la planète, contraignant pour tous ». Elle a en outre mis l’accent sur la responsabilité des gouvernements d’établir un dialogue avec toutes les parties prenantes et d’impliquer les communautés.

Cette réunion a permis d’échanger sur la nécessité d’une plus grande coopération internationale sur les questions fiscales et financières.

Mogens Lykketoft, ancien ministre des Finances danois, a fait remarquer qu’au vu des récents scandales de fraude et d’évasion fiscales, les pays étaient moins réticents qu’auparavant à améliorer la coopération internationale sur les défis financiers.

Jeffrey Sachs, Directeur du Earth Institute de l’Université de Columbia et économiste réputé, a quant à lui apporté des nouvelles réjouissantes: « Nous possédons tout l’argent du monde. Ce n’est qu’une question de choix: quel est l’investissement le plus important? » Ici, la question est de savoir comment récupérer les billions de dollars en circulation dans le secteur privé au profit des ODD, a-t-il ajouté. Il a en outre recommandé aux pays à faible revenu de ne pas laisser les pays riches leur dire qu’ils n’ont pas d’argent.

D’après le Secrétaire général de l’Internationale de l’Education (IE), Fred van Leeuwen, qui était présent lors de la réunion de l’ONU, le Partenariat mondial pour l’éducation, qui rassemble toutes les parties prenantes – les gouvernements, les organisations de la société civile, les syndicats de l’éducation et le secteur privé – dans le but de collecter et de répartir les fonds destinés à l’éducation, ainsi que d’assurer un suivi des programmes éducatifs, propose un modèle qui pourrait également fonctionner pour les autres ODD.

Pour certain(e)s dirigeant(e)s d’entreprise, la réalisation des ODD doit devenir « attrayante d’un point de vue commercial » afin d’encourager l’implication des entreprises. A l’occasion d’une table ronde, Stefan Prato, le directeur de la Société pour le développement international (SDI), a souligné que « tant que les droits des investisseurs prévaudront sur les droits humains, nous ne devrions pas ouvrir le domaine public aux activités commerciales ».

Van Leeuwen a précisé que l’Internationale de l’Education partageait les inquiétudes du SDI. « Nous sommes très favorables à un partenariat qui viendrait accélérer la réalisation de l’ODD4 (« Education de qualité »). Cependant, l’éducation doit être gratuite et financée par l’Etat. L’éducation est un droit à la fois individuel et collectif. Les droits ne peuvent être garantis que par les gouvernements. Les gouvernements ne peuvent donc en aucun cas déléguer cette responsabilité au secteur privé. »