Ei-iE

Journée mondiale contre le travail des enfants 2016

Publié 10 juin 2016 Mis à jour 10 juin 2016

Le 12 juin, disons « Non » au travail forcé pour les enfants réfugiés!

Un nombre révoltant de 168 millions d’enfants travaillent dans le monde. Cela signifie que toute activité économique, de l’agriculture à l’industrie, en passant par les services de construction, peut avoir recours au travail des enfants à l’une ou l’autre étape de ses processus. C’est la raison pour laquelle les employeurs, les syndicats et l’inspection du travail doivent rester vigilants afin d’assurer que les chaînes d’approvisionnement n’ont en aucun cas recours au travail des enfants. Le travail des enfants se concentre principalement dans la production pour les marchés domestiques, mais des enfants travaillent également dans la production de marchandises et de services destinés à l’exportation.

Le thème central de la Journée mondiale contre le travail des enfants 2016 porte sur le travail des enfants dans les chaînes de production. Selon l’Organisation internationale du Travail, le travail des enfants est surtout répandu dans les économies rurales ou informelles, où syndicats et organisations d’employeurs sont souvent faibles, voire totalement absents. L’absence de systèmes d'éducation adéquats augmente également le risque du travail des enfants et les gouvernements doivent dès lors accentuer leurs efforts pour offrir à toutes et à tous une éducation publique de qualité.

L'Internationale de l'Education (IE) et les gouvernements malien et ougandais parrainent des initiatives pour assurer aux enseignant(e)s une formation de meilleure qualité, dans le but d’améliorer également la qualité de l’éducation et de prévenir le décrochage scolaire et le travail des enfants. Au Nicaragua et au Zimbabwe, les programmes de développement des capacités de l’IE forment les enseignant(e)s pour qu’ils/elles deviennent des acteurs/trices du changement. Dans ces pays, des dizaines d’enfants asservis ont déjà repris le chemin de l’école.

Le Secrétaire général de l’IE, Fred van Leeuwen déclare que l’« IE s’inquiète également du nombre d’enfants réfugiés contraints à travailler, à se prostituer ou à accepter un mariage précoce dans des pays d’accueil comme le Liban, la Jordanie ou la Turquie. » Il souligne qu’en raison de la migration, des conflits et des crises, des dizaines de milliers d'enfants, y compris les enfants réfugiés, sont privés d’éducation et bon nombre d’entre eux n’ont d’autre choix pour survivre que de travailler.

Rappelant la Déclaration de Brasilia sur le travail des enfants, rédigée par l’ONU en 2013, van Leeuwen insiste sur la nécessité de promouvoir un travail décent, une éducation de qualité, gratuite et obligatoire pour tous les enfants, ainsi que l’universalisation progressive de la protection sociale. Il appelle également au dialogue social pour assurer un travail décent, une formation de qualité et le développement en service des enseignant(e)s et des autres personnels de l’éducation.

« Eliminer le travail des enfants et assurer l’éducation de qualité et le travail décent pour les adultes figurent parmi les objectifs clés des Objectifs de développement durable(ODD) adoptés en septembre 2015 par les Nations Unies, et se retrouvent plus précisément dans l’ODD 4: assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie », ajoute van Leeuwen.

Si l’on considère que le travail des enfants prive ces derniers de leur droit à l’éducation et à la protection face à l’exploitation, mais a également des conséquences plus larges pour le développement national, son éradication complète est cruciale pour le développement et les droits humains, déclare-t-il.

Van Leeuwen fait remarquer qu’en dépit de leurs engagements, les gouvernements donateurs ont cessé de contribuer financièrement à l’éducation par l’aide au développement ou ont réduit leur contribution de manière significative. L'IE en appelle donc à la Commission sur le Financement de l’éducation dans le monde pour assurer que tous les enfants du monde puissent se rendre à l’école pour y apprendre. Cet objectif doit être atteint grâce à une affectation spéciale de 39 milliards de dollars américains par an entre 2015 et 2030. C’est le montant estimé par l’UNESCO pour atteindre un financement durable pour l’éducation. La Commission formulera des recommandations au Secrétaire général de l’ONU en septembre 2016.