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Un rapport des Nations Unies expose les difficultés pour atteindre l’éducation pour tou(te)s

Publié 6 septembre 2016 Mis à jour 8 septembre 2016

Pour que la société atteigne les objectifs de développement à l’échelle mondiale, l’éducation doit engager une transformation en profondeur. C’est ce qu’avance le nouveau Rapport mondial de suivi sur l’éducation publié par l’UNESCO.

Le rapport(en anglais) démontre le potentiel de l’éducation à faire progresser l’ensemble des objectifs mondiaux exposés dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Il souligne par ailleurs la nécessité de transformer radicalement l’éducation afin d’accomplir ce potentiel et répondre aux défis actuels posés à l’humanité et à la planète.

Anciennement appelé Rapport mondial de suivi sur l’Education pour tous (EPT), le Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM, d’après son acronyme anglais) passe en revue les Objectifs de développement durables (ODD) adoptés par les Nations Unies en septembre 2015, y compris l’ODD n° 4 sur la qualité de l’éducation, ainsi que le rôle critique de l’éducation dans la réalisation de tous les ODD. Ce rapport est le premier d'une nouvelle série couvrant 15 années, alors que s’ouvre une nouvelle ère marquée par l’adoption des ODD, succédant aux Objectifs du millénaire pour le développement, qui ont orienté les politiques internationales en matière de développement entre 2000 et 2015.

L’éducation peut favoriser un développement social inclusif

Comme l’estime depuis longtemps l’IE, le GEM soutient que des liens étroits existent entre éducation et développement durable. Elle aide à lutter contre le changement climatique et se répercute positivement sur la prévention et la résolution des conflits. Selon le rapport, le rôle de l’éducation est déterminant en ce qu’elle transforme les économies et encourage le développement social inclusif. Il exhorte les gouvernements à trouver une solution aux causes structurelles de l’exclusion. « Pour changer les normes discriminatoires et autonomiser les femmes et les hommes, il faut réformer l’éducation et le contenu qu’elle transmet afin de peser sur les valeurs et les attitudes », souligne le rapport.

Nouveaux objectifs, nouveaux mécanismes de suivi

L’une des grandes questions abordées par le GEM se rapporte à la difficulté du suivi de l’éducation dans le cadre des nouveaux ODD. Face aux 263 millions d’enfants et de jeunes en âge de fréquenter l’enseignement primaire et secondaire mais toujours non scolarisés, l’accès à ces deux niveaux d’enseignement demeure un grave problème. Le GEM souligne en outre l’importance de l’accès et de la participation à tous les autres niveaux d’enseignement, depuis la petite enfance jusqu’à l’éducation des adultes.

Accès, résultats et compétences

Le GEM montre que le fait de se concentrer non plus sur l’accès à l’éducation et les ressources en la matière, mais sur les résultats de l’apprentissage, comme le proposent certains, priverait des millions de jeunes d’une éducation. L’Internationale de l'Education appelle également à une vision plus équilibrée et globale de l’éducation de qualité, mettant l’accent sur un vaste éventail de ressources et de processus d’apprentissage ainsi que sur des résultats de l’apprentissage largement définis.

Le GEM s’intéresse également aux compétences enseignées en faveur du développement durable et de la citoyenneté mondiale – et au mode d’enseignement de celles-ci. Il fait observer que les trois quarts des pays incluent divers aspects du développement durable dans leurs cadres curriculaires nationaux, mais 6 % à peine intègrent le développement durable dans les programmes de formation des enseignant(e)s. Cette rupture entre la formation des enseignant(e)s et les programmes scolaires signifie que les enseignant(e)s ne sont pas préparés à pouvoir enseigner dans des domaines touchant au développement durable.

Sécurité des écoles

Concernant les infrastructures scolaires et les environnements d’apprentissage, le GEM note également que l’amélioration des installations d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène dans les établissements éducatifs peut entraîner des effets positifs considérables pour la santé et l’éducation. Or, en 2013, seuls 52 % des écoles primaires disposaient d’une installation adéquate d’approvisionnement en eau dans les pays les moins développés. Les actes de violence et les attaques sont monnaie courante dans les écoles, et quatre étudiant(e)s sur dix rapportent avoir déjà été impliqués dans le cadre de violences physiques.

50 ans de retard

Les projections du GEM en matière de niveau d’instruction constituent un avertissement sévère pour les gouvernements: au rythme actuel, l’achèvement universel ne se réalisera pas avant 2042 pour l’enseignement primaire, pas avant 2059 pour le premier cycle de l’enseignement secondaire, et pas avant 2084 pour le second cycle de l’enseignement secondaire. Les pays les plus pauvres parviendront à l’enseignement primaire universel plus de cent ans après les pays les plus riches. C’est là un signal d’alarme pour tous les gouvernements, qui n’ont pas d’autre choix que d’afficher leur volonté politique et leur engagement en investissant dans l’éducation et dans les enseignant(e)s.

Le rapport est disponible au téléchargement ici(en anglais).