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Le principal sponsor du Forum mondial sur l’éducation bien loin des normes d’excellence

Publié 24 janvier 2017 Mis à jour 25 janvier 2017

La réunion annuelle à huis clos entre les ministres de l’éducation et les officiels gouvernementaux attire de vives critiques en raison du choix de Bridge International Academies comme principal sponsor, une décision contestée par les syndicats mondiaux de l’éducation et les groupes de la société civile.

Les syndicats de l’éducation et les organisations de la société civile avaient déjà de nombreuses raisons de protester contre le Forum mondial sur l’éducation de Londres, notamment en raison de l’accent mis sur la privatisation de l'éducation. Cependant, cette année, les organisateurs ont décidé de tenter le sort en nommant Bridge International Academies (BIA) ‘Partenaire Or’, une décision qui a déclenché un déluge de contestations dans le monde entier.

Le National Union of Teachers(NUT) et le University and College Union, rejoints par l'Internationale de l'Education (IE) et Action Aid, protestent contre la décision d’accepter le parrainage de Bridge, l’une des plus grandes entreprises d’éducation à vocation commerciale du monde. Bridge prévoit de vendre en direct d’ici 2025 des services éducatifs de base assortis de droits d’inscription à 10 millions d’étudiant(e)s en Afrique et en Asie.

« Cette année, Bridge fait partie de la liste des ‘Partenaires Or’ du Forum sur l’éducation. Ses performances dans le monde sont toutefois loin des normes d’excellence. En Ouganda, Bridge entrave l’enseignement gratuit proposé par l’Etat pour réaliser des profits et le gouvernement ougandais a ordonné la fermeture de ses écoles », a déclaré Kevin Courtney, Secrétaire général du NUT.

Angelo Gavrielatos de l’Internationale de l’Education n’a pas mâché ses mots dans son examen de la participation de Bridge.

« Le respect de la loi n’est-il pas une condition préalable pour sponsoriser cet événement ? » a-t-il déclaré en référence à la décision du gouvernement ougandais d’ordonner la fermeture de la totalité des 63 écoles de Bridge en raison du non-respect des normes éducatives et légales du gouvernement. Les inspecteurs du gouvernement ougandais ont affirmé que les infrastructures d’apprentissage sont inférieures à la norme et les conditions insalubres.

Bridge cible les communautés à faibles revenus comme le Kenya, l’Ouganda, le Nigéria et l’Inde pour exploiter les 800 millions d’enfants en âge d’école primaire et maternelle dont les familles vivent avec moins de deux dollars par jour. Ces familles pauvres dépensent néanmoins une part disproportionnée de leurs revenus pour assurer une éducation à leurs enfants, ce qui engendre des bénéfices colossaux d’environ 64 milliards de dollars américains pour des entreprises comme Bridge.

Le Uganda National Teachers’ Union (UNATU) et le Kenya National Union of Teachers (KNUT) ont tous deux publié des déclarations (en anglais) s’opposant à ce parrainage.

Pour financer sa mission d’éducation à vocation commerciale, Bridge a reçu 100 millions de dollars de la part d’une série de garants commerciaux et d’agences gouvernementales comme la Banque mondiale (IFC), le DFID du gouvernement britannique et des milliardaires comme Mark Zuckerberg et Bill Gates.

Ensemble, les syndicats de l’éducation et les groupes de la société civile demandent un enseignement gratuit assuré par l’Etat, qui soit accessible universellement dans chaque communauté et définisse la norme pour l’éducation de qualité. Il s’agit d’un prérequis pour atteindre l’éducation de qualité pour tou(te)s et vivre dans un monde meilleur.