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Royaume-Uni: les charges de travail provoquent une crise dans le recrutement et la rétention des enseignant(e)s

Publié 24 février 2017 Mis à jour 6 mars 2017

Suite au lancement du rapport du Comité spécial de l’éducation sur le recrutement et la rétention des enseignant(e)s, les syndicats d’enseignants du Royaume-Uni ont exhorté les autorités publiques à prendre des mesures urgentes pour résoudre cette profonde crise nationale.

NUT: responsabilisation punitive

« L’enseignement peut être l’une des professions les plus gratifiantes », a déclaré le Secrétaire Général du Syndicat national des enseignants (NUT), Kevin Courtney. « Cependant, des charges de travail de plus en plus inacceptables rendent de plus en plus compliqué de recruter de nouveaux enseignants et d’empêcher les actuels enseignants de partir. »

Il a mis en exergue que la « charge de travail ingérable » des enseignants est «causée par une responsabilisation punitive » et  « est une des principales raisons données par de nombreux enseignants pour expliquer leur départ de la profession ».

Le gouvernement doit de toute urgence réformer tous les aspects du système de responsabilisation, demander aux directeurs/trices d’école de réduire la charge de travail et fixer une limite aux heures de travail  en dehors de l’horaire d’enseignement, a-t-il ajouté.

Nécessité d’un changement factuel

Courtney a noté également que la rapport souligne que le recrutement et le maintien en poste  constituent de graves problèmes depuis de nombreuses années et que beaucoup trop d’enseignant(e)s sont poussé(e)s à quitter une profession qu’ils aiment à cause d’une politique éducative mal pensée et punitive.

Il a exhorté la Ministre de l’Education du Royaume-Uni, Justine Greening, à  « tenir compte de ce rapport et à, dans l’intérêt des enfants et des jeunes, écouter la profession afin d’initier un changement qui soit factuel et reçoive le soutien des enseignants afin de résoudre ce problème ».

NASUWT: rapport devant permettre la prise de conscience des ministres afin qu’ils  résolvent la crise de l’offre d’enseignant(e)s

La National Association of Schoolmasters Union of Women Teachers(NASUWT) « présente depuis longtemps des preuves de l’aggravement de la crise du recrutement des enseignants mais le Gouvernement est dans le déni », a déclaré sa Secrétaire Générale, Chris Keates.

Le Comité des comptes publics et, maintenant, le Comité spécial de l’éducation, ont tous les deux averti que les ministres n’avaient aucun plan clair pour résoudre ces problèmes, a-t-elle dit, ajoutant que l’analyse faite par le Gouvernement des besoins actuels et à venir en enseignant(e)s est tout à fait erronée.

Ce rapport « devrait permettre la prise de conscience par les ministres du fait qu’avoir recours à des solutions de fortune telles que le National Teaching Service ne feront rien pour combattre les causes systémiques de la crise connue par l’offre en enseignants », a-t-elle prévenu.

Enseignant(e)s quittant la profession

Les politiques du Gouvernement ont même eu pour résultat des charges de travail excessives et en augmentation pour les enseignant(e)s, une baisse des salaires, des salaires de départ qui sont de moins en moins compétitifs par rapport à d’autres professions demandant des diplômes comparables, et une pression incessante du système imposant une responsabilisation élevée, a déclaré Keates. Elle a ajouté que ces facteurs poussent les enseignant(e)s actuels à quitter la profession, leur énergie et leur enthousiasme pour le métier sapés, et dissuade les nouveaux/elles candidat(e)s.

Il est clair pour le Comité qu’il y a un grave problème national dans le domaine du recrutement et du maintien en poste des enseignant(e)s qui touche toutes les parties et toutes les localités. Le Gouvernement doit faire face à la crise qu’il a lui-même engendrée, a-t-elle conclu.