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Enseignement fondamental en Turquie: unité sans uniformité

Publié 26 octobre 2005 Mis à jour 26 octobre 2005

L'IE était présent lors de la présentation du rapport de l'OCDE sur l'enseignement fondamental en Turquie, les 10 et 11 octobre à Istanbul, pour exposer le point de vue des enseignants sur le projet de document. L'IE était représenté par le Coordinateur de recherche Guntars Catlaks.

Critiques générales du projet de rapport:

Il est ressorti du rapport que le système éducatif turc est très centralisé au niveau de l'affectation des ressources, de l'administration et de la gestion, et, en même temps, extrêmement segmenté au niveau de l'accès, de la qualité du contenu et du contrôle.

Il existe différents types de systèmes scolaires au niveau de l'enseignement secondaire, ce qui entraîne un accès très inégal à l'enseignement postscolaire/supérieur. Le processus de sélection des étudiants, tant au niveau du secondaire que du supérieur, est basé sur la compétition et l'élitisme. De la même manière, le système d'examens favorise l'inégalité.

Le Ministère turc de l'Education a fait de la cohésion sociale une question absolument prioritaire, comme l'indiquent le projet de rapport et le document de référence.

Le rapporteur principal de l'Equipe d'experts de l'OCDE, Aims McGuinness, a évoqué la principale tâche politique du Ministère: assurer "l'unité sans l'uniformité", de même qu'il a laissé entendre que les autorités turques insistaient trop sur le second aspect en voulant réaliser le premier.

Position de l'IE:

Le projet de rapport a émis plusieurs recommandations justes, telles que l'homogénéisation des programmes et l'égalité d'accès. Néanmoins, d'autres suggestions sont, d'après l'IE, injustes. Notamment:

la décentralisation de la gestion des écoles, y compris les ressources humaines, au niveau des chefs d'établissement; l'affectation d'une partie des salaires des enseignants à leur développement professionnel; le soutien de la multiplication des écoles privées et des investissements privés dans l'enseignement fondamental. Lors des séances de discussion, l'IE a réalisé 5 présentations sur les thèmes suivants:

Concernant la politique éducative globale, l'IE a insisté sur l'égalité d'accès à une éducation publique, gratuite et de qualité, en tant que droit humain; Concernant l'accès et l'équité, l'IE a signalé la restriction de l'usage de sa langue maternelle en maternel et en primaire; Concernant les ressources humaines, l'IE a contesté la proposition d'un emploi décentralisé comme moyen d'améliorer l'offre d'enseignants, soulignant le risque d'inégalités croissantes qui s'en suivraient; Concernant les ressources financières, l'IE est opposée à la proposition d'augmenter les financements privés dans l'éducation, indiquant le faible niveau des dépenses publiques globales en éducation (exprimées en % par rapport au PIB) en Turquie, lesquelles s'élèvent à 3,8%, en comparaison avec la moyenne de l'OCDE de 5,8%; Concernant la gouvernance, l'IE est opposée à la recommandation de décentralisation du système éducatif turc, et a insisté sur la nécessité d'impliquer les syndicats d'enseignants dans tout développement politique. Le rapport de l'OCDE a été officiellement accepté comme projet par le gouvernement turc et le Comité de l'Education de l'OCDE. L'étape suivante consistera à adapter le rapport en fonction des commentaires, avant son lancement.

L'IE soutient son affilié en Turquie:

L'étude menée par l'équipe d'experts de l'OCDE n'a pas compté sur la participation officielle de l'affilié de l'IE, Egitim-Sen au niveau national. De la même manière, le syndicat des enseignants turcs n'a pas été invité à la présentation.

L'IE a lancé un Appel d'action urgente le 19 octobre à tous ses affiliés et partenaires, pour empêcher la dissolution du syndicat Egitim-Sen par le gouvernement. Le syndicat des enseignants a été reconnu coupable par la Cour Suprême de Turquie le 25 mai en raison d'une clause de sa constitution qui stipulait que le syndicat soutient l'instruction dans sa langue maternelle. L'article fut retiré de la constitution lors du Congrès extraordinaire de l'organisation qui s'est tenu le 3 juillet. Le 27 octobre, le deuxième tribunal du travail doit rendre le verdict final et déterminer si la suppression de l'article empêchera la dissolution.

Pour plus d'informations sur la situation des enseignants turcs et l'enseignement fondamental en Turquie, veuillez nous contacter.