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Ile et métropole : Solidarité longue-distance entre enseignants

Publié 23 mars 2009 Mis à jour 23 mars 2009

Les murs de la grille d’entrée sont recouverts de graffitis hideux, mais, dans la cour intérieure, les fresques dépeignent de magnifiques fleurs, des scènes tropicales colorées et une carte de la Martinique, un département d’outre mer français dans les Caraïbes. Nous sommes au collège du Vauclin, où Arnaud Michel enseigne l’éducation physique et sportive et représente son syndicat, SE-UNSA, membre de l’UNSA-Education, un affilié de l’IE.

Il décrit son établissement, avec 420 élèves et 34 enseignants, comme « familial, excentré par rapport aux grands axes et équivalent à un collège rural de métropole ».

Bien qu’ils se trouvent à 7.000 kilomètres de distance, il explique que les préoccupations des enseignants martiniquais sont les mêmes que celles de leurs collègues dans la métropole française. Ils connaissent aussi des problèmes relatifs aux conditions de travail du fait de salles de classe surpeuplées. Dans la commune de Sainte-Anne, par exemple, le syndicat a obtenu le soutien des parents contre le projet de pouvoir passer à 30 élèves par classe.

Il précise qu’en Martinique, « a priori, il y a plus de postes répartis sur deux établissements qu’en métropole ».

Les enseignants syndicalistes d’outre mer se tiennent informés de ce qui se passe à Paris et se montrent solidaires de leurs collègues métropolitains. En octobre dernier par exemple, ils se sont mis en grève suite à un mouvement lancé par l’ensemble des syndicats du secteur de l’éducation.

« SE-UNSA a fait circuler une caravane dans les communes pour faire signer une pétition, qui demandait de l’emploi et une augmentation du nombre de postes ou de garder le nombre de contrats aidés. Nous devons conserver des assistants pédagogiques pour les questions liées à la vie scolaire ou à l’entretien des locaux », explique Arnaud Michel. Les associations de parents d'élèves, très actives, étaient également présentes et actives dans la caravane.

SE-UNSA peut autonome par rapport au siège syndical sur le continent. Par exemple, il peut ester en justice, sans passer par le niveau national. « On peut prendre des décisions sans passer par l’autorisation du siège », indique Arnaud Michel.

En réaction aux propos d’un journal local critiquant l’absentéisme des enseignants en Guadeloupe, une île voisine, il affirme que l’absentéisme des enseignants en Martinique n’est pas plus important qu’en métropole. Il peut être justifié par une formation syndicale, des réunions au rectorat, le Plan action formation ou des élections.

Contrairement à la métropole, les établissements scolaires martiniquais ont adopté les uniformes pour les élèves. Arnaud Michel rappelle que les uniformes sont envisagés en tant que « mesures de sécurité et rassurent les parents ».

Au plan régional, son syndicat est en lien avec l’Association des enseignants de Caraïbes (CUT). Chaque année des échanges fructueux entre collèges et élèves venant des îles des Caraïbes, comme des compétitions sportives, sont organisées.

Enfin, sa motivation pour exercer le métier d’enseignant ? « Tout simplement transmettre le savoir. »

Par Claude Carroué.

Cet article a été publié dans Mondes de l'Éducation, No. 29, mars 2009.