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Les syndicats militent contre le VIH pour assurer une éducation de qualité en Afrique de l’Ouest

Publié 24 mars 2011 Mis à jour 24 mars 2011

Des salles de classe surpeuplées, des enseignants débordés et des écoles disposant de trop peu de ressources constituent des obstacles à une éducation de qualité au Sénégal et au Mali, pays d'Afrique occidentale. L'impact du VIH et du SIDA est un autre facteur pouvant entraver l’accès à l’enseignement et la mise en place d’une structure éducative.

Les syndicats de la région bénéficiant du programme EPT/SIDA de l'IE se sont engagés à combattre la pandémie du VIH/SIDA, avec pour objectif d’assurer une Education de qualité pour tous. Maouloud Ben Kattra, Coordinateur national du programme EPT/SIDA au Mali dirigé par le syndicat du SNEC, pense que ce programme a servi de « voix pour ceux qui n'en ont pas et a permis de réaliser des progrès significatifs dans la défense des intérêts des personnes atteintes du VIH ». Il fait observer que « grâce au programme, une certaine ouverture d'esprit vis-à-vis de l'épidémie s'est développée au sein du secteur de l'éducation au Mali, et la population a progressivement pris conscience que ceux qui ne sont pas infectés sont tout de même affectés ».

Lors d'un discours à l'occasion d'un atelier d'évaluation du programme EPT/SIDA, à Bamako, au Mali, Ben Kattra a déclaré que « le syndicat s'est engagé dans l'amélioration de l'éducation nationale en définissant et en défendant une vision commune d'une éducation de qualité et en ne se basant pas uniquement sur les seules initiatives gouvernementales".

Ami Sidibé Coulibaly, représentante de l'Association malienne d'assistance et de soutien aux personnes vivant avec le VIH/SIDA (AFAS-AMAS), partenaire du programme EPT/SIDA, a également insisté sur le fait qu’il en va de la responsabilité collective de soutenir ceux qui vivent avec le VIH et d'éliminer toute discrimination, et que les personnes atteintes du VIH doivent être impliqués dans cette action collective. Coulibaly, qui vit ouvertement avec le VIH depuis qu'elle a découvert sa séropositivité en 1998, a été applaudie par les autres participants pour son courage et son engagement.

Soutien moral au Sénégal

Plaidoyer en faveur des enseignants atteints du VIH est l'une des pierres angulaires du programme EPT/SIDA au Sénégal, mis en œuvre par six syndicats d’enseignants dans le cadre du comité collectif COSSEL. En partenariat avec UNESCO-BREDA, les syndicats sénégalais ont développé le réseau CARVEE qui coordonne le soutien pratique et moral apporté à ceux qui, au sein du secteur de l'éducation, vivent avec le VIH.

Bien que le taux de prévalence des infections au VIH au Sénégal soit relativement bas par rapport à ceux enregistrés sur le reste du continent subsaharien, il importe de rester vigilant afin de prévenir une augmentation importante des taux de VIH pouvant non seulement contrarier sérieusement le développement socio-économique du pays, notamment en termes d’éducation.

Evaluer les succès

Les participants à l'évaluation du programme EPT/SIDA au Sénégal ont débattu des étapes essentielles dans la réduction du fardeau du VIH sur un système éducatif aux ressources déjà insuffisantes. L'accent a été mis sur le plaidoyer des syndicats en faveur de l'accès universel aux traitements anti-rétroviraux et la mise en place de tests de dépistage volontaires dans les écoles. De même, la formation de plus de 6.000 enseignants à travers tout le pays, les dotant de compétences pour enseigner l'éducation sexuelle et des techniques de prévention contre le VIH, a été considérée comme un élément majeur pour limiter l'impact du VIH sur le secteur de l'éducation.

Par Julie Kavanagh

Les organisations membres de l’IE ont célébré la Journée mondiale de lutte contre le SIDA le 1er décembre. La pandémie du SIDA (syndrome de l'immunodéficience acquise) continue de ravager des communautés entières à travers le monde. Pour plus d’informations sur le programme EPT/SIDA de l'IE, veuillez contacter : [email protected]

Cet article a été publié dans Mondes de l’Éducation, No 36, décembre 2010.