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Les dirigeants scolaires appellent à la protection des budgets consacrés à l’éducation

Publié 25 mars 2011 Mis à jour 25 mars 2011

Des directeurs(trices) d’établissements scolaires et des représentant(e)s d’organisations membres de l’IE ont exprimé de vives inquiétudes au sujet des répercussions de la crise économique sur les budgets consacrés à l’éducation et sur les droits syndicaux.

Lors du séminaire intitulé « Autonomiser les dirigeants d’établissements scolaires pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain » organisé par l’IE à Paris en octobre 2010, près de 50 directeurs(trices) d’établissements scolaires et représentant(e)s d’affiliés de l’IE du monde entier ont discuté des enjeux auxquels sont confronté(e)s les directeurs(trices) d’écoles. Les principales préoccupations soulevées lors du séminaire concernaient la réduction des budgets alloués aux écoles à la suite des mesures d'austérité adoptées par de nombreux gouvernements et la limitation des programmes scolaires résultant des évaluations internationales, des tests standardisés et de la publication de classements.

Les participant(e)s ont également formulé des inquiétudes au sujet de la tendance actuelle des pouvoirs publics à utiliser la crise économique pour éroder les droits syndicaux et compromettre la qualité de l’éducation. Ils/elles ont exhorté l’IE et ses affiliés à intensifier la campagne contre les mesures régressives qui sont adoptées par de nombreux gouvernements pour gérer les effets de la crise.

Actions syndicales

La Secrétaire générale adjointe de l’IE, Monique Fouilhoux, a profité de l’événement pour informer les participant(e)s sur les mesures prises par l’IE dans le cadre de sa campagne sur la crise, à savoir le suivi de la crise et de ses répercussions sur l’éducation et les éducateurs(trices) par le biais d’enquêtes, et l’organisation de conférences et de programmes de formation destinés aux dirigeant(e)s syndicaux(cales).

Patrick Gonthier, Secrétaire général d’UNSA-Education et membre du Bureau exécutif de l’IE, a fait part de son inquiétude concernant la décision du gouvernement français de repousser l’âge de la retraite à 67 ans, sans aucune consultation des travailleurs(euses). Cette décision et d’autres mesures d’austérité auraient un impact très négatif sur la qualité et l'équité de l’éducation en France.

Le professeur Petros Pashiardis, un spécialiste en direction scolaire à l’Open University de Chypre, a déclaré que nous vivions « l’âge d’or de la direction scolaire », dans la mesure où les dirigeants scolaires bénéficient d’une large reconnaissance pour leur rôle dans la réalisation d’une éducation de qualité. Il a ensuite présenté les résultats d’une étude révélant que les dirigeants scolaires efficaces utilisent une combinaison de cinq styles de gestion différents associant: pédagogie, participation, perfectionnement du personnel, entrepreneuriat et structuration.

Stratégies pour l’avenir Le séminaire s’est achevé par une série de recommandations, insistant sur le fait que l’IE et les syndicats d’enseignants doivent profiter de la dynamique actuelle pour faire progresser la question de la direction des établissements scolaires au travers du plaidoyer, de la recherche, de l’élaboration de politiques et de l’échange d’informations. Les participants ont souligné l’importance de la pédagogie, fondamentale pour la direction des établissements scolaires. Ils ont également exhorté l’IE et les syndicats d’enseignants à élaborer des stratégies visant à protéger les droits des travailleurs et les budgets consacrés à l’éducation, tout en menant des campagnes contre les mesures politiques régressives prises par des gouvernements et des institutions financières internationales en réponse à la crise économique.

Par Dennis Sinyolo

Cet article a été publié dans Mondes de l’Éducation, No 36, décembre 2010.