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France: nécessaire relance du secondaire

Publié 16 novembre 2012 Mis à jour 27 novembre 2012

Préparée pour l’essentiel par l’ancien Gouvernement (Gouvernement Sarkozy), la rentrée 2012 dans les établissements du second degré a été difficile par manque de moyens et du fait des suppressions de postes des dernières années. 35 000 postes ont été supprimés dans le second degré sous le quinquennat du Président Sarkozy dans le cadre de la politique de non -remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Ces suppressions massives d’emploi laissent les collèges et les lycées dans des situations très tendues, tant pour les élèves que pour les personnels enseignants et non enseignants. La conjonction des effectifs et des suppressions de postes (-6550) produit ses effets. Les effectifs atteignent souvent 28 à 30 élèves par classe en collège, 35 et plus en lycée. La politique menée a conduit à une crise de recrutement sévère d’où la nécessité de redonner de l’attractivité aux métiers de l’enseignement. Les mesures d’urgence prises par le nouveau gouvernement dès juillet, avec des créations d’emploi vont dans le bon sens même si leur portée est limitée. On voit bien que les choix de politique éducative à venir comme les choix budgétaires à cet automne vont être déterminants.

Un contexte particulier: la préparation d’une nouvelle loi d’orientation et de programmation pour l’école

Après dix années d’une politique mortifère et brutale pour le système éducatif, les personnels et les élèves des collèges et lycées aspirent à de nouvelles perspectives. Et leurs attentes sont fortes: la relance de la démocratisation du système éducatif, le combat contre les inégalités sociales et territoriales, ainsi que l’élévation nécessaire du niveau de formation et de qualification de tous les jeunes. La future loi pour l’école, voulue par le gouvernement devra répondre à ces aspirations. Le Ministère de l’Education nationale a lancé, dès le mois de juillet, une grande concertation pour ce qu’il appelle « la refondation de l’école ». Elle a pris la forme d’ateliers regroupant des organisations syndicales, des fédérations de parents d’élèves et de lycéens, des mouvements pédagogiques, ainsi que des associations et personnalités. Elle sera ensuite suivie d’une phase de négociations avec les représentant(e)s des personnels. Ce processus doit déboucher début 2013 sur l’adoption d’une nouvelle loi.

Une campagne: les « Etats généraux du Second degré »

Cette future loi d’orientation doit répondre à un objectif prioritaire: redonner un avenir au système éducatif. Les personnels du second degré doivent se saisir de cette mobilisation pour faire entendre leurs analyses, leurs revendications et leurs espérances afin de peser sur cette future loi d’orientation. Assumant ses responsabilités de syndicat majoritaire, le SNES est décidé à créer les modalités de cette mobilisation et expression. C’est le sens des « Etats généraux du Second degré » que le SNES a lancé, dès le mois de septembre avec deux autres syndicats, le SNEP (professeurs d’éducation physique et sportive) et le SNUEP (professeurs de lycée professionnel). La campagne va consister à faire prendre la parole aux personnels pour qu’ils rédigent des cahiers de revendications dans les établissements scolaires. Durant la première quinzaine d’octobre, des synthèses départementales et régionales seront faites et des délégué(e)s seront nommé(e)s pour participer à la journée de synthèse nationale qui aura lieu à Paris le 25 octobre. Cette journée clôturera les « Etats généraux du Second degré » et début novembre, un document de synthèse des Etats généraux sera publié pour diffusion large et médiatisée.

Par Odile Cordelier, Secrétaire Nationale du Syndicat national des enseignements de second degré-Fédération syndicale unitaire (SNES-FSU), et Vice-présidente de la région Europe de l’Internationale de l’Education (IE), le Comité syndical européen de l’éducation (CSEE)