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Credits : SolStock / iStockphoto
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L’avenir est public : faire de l’excellence et de l’équité une réalité au sein de l’éducation

Publié 10 mai 2022 Mis à jour 7 juin 2022
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Malgré les crises mondiales que nous traversons, le pouvoir et l’optimisme inhérents à l’éducation seront toujours porteurs d’espoir pour notre avenir. Les jeunes ont besoin d’une pédagogie critique pour transformer les crises existentielles auxquelles nous sommes confronté·e·s. Afin de pouvoir nous relever de cette pandémie, nous devons donner aux éducateur·trice·s les moyens d’agir, en accordant la priorité à l’éducation au changement climatique, à la paix et à l’équité.

Le Sommet international sur la profession enseignante (SIPE) réunit les ministres de l’Éducation et les dirigeant·e·s syndicaux·ales afin de leur permettre de tirer des enseignements mutuels et de convenir de stratégies d’amélioration concrètes. Le principe de base de ces sommets est d’amener les gouvernements et les syndicats à agir ensemble afin qu’aucun·e étudiant·e ne soit laissé·e pour compte.

Co-organisé par l’Internationale de l’Éducation et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la 12e édition du SIPE s’est tenue du 11 au 13 mai à Valence, en Espagne. Les thèmes de cette édition étaient, entre autres, la contribution des technologies numériques à l’excellence de l’éducation pour tou·te·s et le rôle des enseignant·e·s dans la construction d’un avenir durable.

Que nous a enseigné la pandémie de COVID-19 ?

La pandémie a mis à nu les nombreuses inadéquations et inégalités intersectionnelles de nos systèmes éducatifs : inégalité numérique, manque d’environnements favorables à l’apprentissage et difficultés à aligner les ressources pédagogiques pour répondre aux besoins nouveaux.

Cette situation nous a néanmoins permis de tirer certains enseignements. Primo, rien ne peut remplacer l’enseignement présentiel dans les écoles. La dimension humaine de l’enseignement et de l’apprentissage est fondamentale pour assurer le bien-être des étudiant·e·s et l’efficacité de l’éducation de l’enfant dans sa globalité. Les études révèlent que l’isolement et l’anxiété ont été plus marqués chez les élèves qui ont été privé·e·s de relations et de compétences sociales durant la fermeture des écoles.

Secundo, technologie n’est pas forcément synonyme d’innovation. La véritable source d’innovation au sein de l’éducation, c’est la profession enseignante elle-même. La pandémie l’a suffisamment démontré : les enseignant·e·s et les communautés scolaires ont constamment lancé de petites initiatives innovantes pour adapter leurs stratégies d’enseignement et d’apprentissage face à une situation en rapide évolution et pour répondre aux besoins sociaux et émotionnels de leurs élèves, ainsi qu’à leurs propres besoins de formation professionnelle.

Il importe de développer une culture collaborative de l’innovation. À cette fin, il nous faudra répondre à l’insuffisance des structures et processus permettant d’évaluer l’efficacité des technologies numériques au sein de l’éducation. Les enseignant·e·s doivent pouvoir participer à cette évaluation en partageant leurs expériences, notamment des différentes technologies testées en classe, y compris les technologies analogiques ou d’autres technologies largement utilisées.

Tant l’Internationale de l’Éducation que l’OCDE signalent que la plupart des enseignant·e·s ne participent pas au développement des technologies numériques qu’il·elle·s utilisent. Ce n’est qu’en invitant les enseignant·e·s à participer à la prise de décision concernant les technologies que celles-ci pourront contribuer à l’éducation de qualité.

Il est également nécessaire de poursuivre les recherches sur l’impact de l’utilisation généralisée des technologies sur les élèves et les enseignant·e·s. Ces études doivent examiner et évaluer la façon dont ces technologies sont utilisées, ainsi que leurs impacts sur les libertés académiques, les conditions d’emploi et de travail, la qualité de l’éducation, la gouvernance des données et le respect de la vie privée. Des recherches doivent également être menées pour mesurer l’impact des technologies numériques sur le bien-être et le développement des étudiant·e·s (santé mentale et physique) et déterminer si ces dernières accentuent ou non les disparités.

Les élèves avant le profit

Les mesures d’urgence mises en place dans le secteur de l’éducation durant la pandémie nous obligent à revoir les décisions du passé, afin de déterminer si ces mesures sont toujours pertinentes pour nos écoles et, dans le cas contraire, de pouvoir les améliorer.

Face au rôle de plus en plus important que jouent les géants de la technologie dans le secteur de l’éducation, confrontant ainsi l’enseignement public aux ambitions des intervenants commerciaux privés, il est plus que nécessaire de cadrer la conception et l’utilisation des technologies au profit des groupes les plus marginalisés. Ne pas le faire nous conduirait à une nouvelle forme d’inégalité numérique qui s’ancrerait profondément dans nos systèmes éducatifs. N’oublions pas que, durant la pandémie, la scolarisation d’au moins 463 millions d’étudiant·e·s a été mise entre parenthèses, l’enseignement à distance étant soit inaccessible faute de moyens, soit impossible à organiser.

D’autre part, les gouvernements doivent aller au-delà des approches de l’éducation fondées sur les données des entreprises. La collecte de données et les recherches en lien avec la vie numérique des étudiant·e·s doivent respecter leur vie privée, se conformer aux normes éthiques les plus strictes et tenir compte des conséquences sur leur développement. À cet égard, il est essentiel de financer et développer une infrastructure alternative open source pour l’éducation numérique qui ne repose pas en priorité sur la collecte des données des étudiant·e·s.

En définitive, les gouvernements doivent investir davantage dans l’éducation publique, un service public essentiel pour la reprise post-COVID, et investir davantage dans les enseignant·e·s, maillons les plus importants pour garantir une éducation de qualité. Nous devons nous mobiliser pour que chaque étudiant·e puisse avoir droit à un·e enseignant·e qualifié·e et soutenu·e, dans un environnement d’apprentissage de qualité.

L’avenir post-COVID est le nôtre. Public et égalitaire.

Le contenu et les avis exprimés dans ce blog sont ceux de son auteur et ne reflètent pas nécessairement la position officielle de l’Internationale de l’Education.