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Image credit: Ohio Federation of Teachers
Image credit: Ohio Federation of Teachers

Le personnel éducatif se joint à la plus grande journée de manifestation de l’histoire des États-Unis pour faire entendre sa voix contre l’administration Trump

Publié 30 mars 2026 Mis à jour 2 avril 2026

Selon les responsables de l’organisation, plus de huit millions de personnes ont participé à plus de 3.300 événements « No Kings » (« Pas de rois ») à travers les 50 États du pays. En dehors des États‑Unis, d’autres personnes, dont des Américain·e·s expatrié·e·s, ont pris part à des manifestations en France, au Portugal, en Allemagne, en Italie et en Grèce.

La population est descendue dans la rue pour dénoncer le chaos, la corruption et la cruauté de l’administration Trump. Les manifestant·e·s se sont mobilisé·e·s autour d’un large éventail de sujets, par exemple : les agents masqués du Service de l’immigration et des douanes (connu sous son acronyme anglais ICE) qui terrorisent les communautés ; la guerre illégale et catastrophique contre l’Iran qui met des vies en danger et fait grimper les prix ; les atteintes à la liberté d’expression, les droits civiques et le droit de vote ; la hausse du coût de la vie qui met les familles en situation de précarité extrême ; ainsi que le démantèlement des systèmes sanitaire et scolaire.

Des rassemblements ont eu lieu dans tout le pays, aussi bien dans les grands centres urbains que dans les petites localités rurales. Des foules immenses se sont réunies à New York, Washington D.C., Chicago, San Francisco, Los Angeles, Nashville, Dallas et Denver. L’événement principal, à Saint Paul, dans le Minnesota, a vu des dizaines de milliers de personnes envahir les rues autour du Capitole de l’État pour rendre hommage aux deux citoyens américains (Renee Nicole Good et Alex Pretti) tués dans cet État par l’ICE et pour dénoncer les différentes mesures prises par Trump. Des dirigeant·e·s syndicaux·ales, des militant·e·s de la société civile, des responsables religieux, des artistes et des responsables politiques se sont adressé·e·s aux manifestant·e·s.

À Saint Paul, Randi Weingarten, présidente de l’ American Federation of Teachers (AFT), a déclaré : « Se lever, être présent, faire preuve de solidarité comme des millions de personnes le font aujourd’hui est quelque chose de tellement important. C’est le seul moyen que nous ayons de faire en sorte que le gouvernement agisse dans notre intérêt. »

« Hier, j’ai assisté à un moment dont l’écho se prolongera bien au-delà de cette journée. Des millions de personnes se sont levées lors de ce ‘No Kings Day’ pour réclamer le pays que nos élèves méritent. Nous nous mobilisons pour l’avenir dans lequel nous voulons tous vivre », a déclaré Becky Pringle, présidente de la National Education Association (NEA), le plus grand syndicat aux États-Unis, et vice‑présidente de l’Internationale de l’Éducation.

Il s’agit du troisième événement « No Kings ». La première vague nationale de manifestations a eu lieu en juin 2025 pour protester contre le défilé militaire organisé à Washington D.C. à l’occasion du 79e anniversaire de Trump. La deuxième manifestation a eu lieu en octobre 2025, réunissant quelque sept millions de personnes.

Solidarité internationale

L’Internationale de l’Éducation et ses organisations membres sont aux côtés des éducateur·trice·s, à travers les États‑Unis, dans leur mobilisation pour protéger leurs élèves, leurs droits et la démocratie.

En avril 2025, le Bureau exécutif de l’IE a adopté une résolution condamnant les assauts menés contre l’enseignement public, la démocratie et les valeurs syndicales aux États‑Unis, et appelant les organisations membres de l’IE à s’unir pour défendre leurs collègues états-uniens.

Le 4 juillet 2025, Jour de l'Indépendance aux États‑Unis, les syndicats de l’éducation du monde entier ont exprimé leur soutien à la NEA et à l’AFT lors d’une action mondiale de solidarité. De Taïwan au Brésil, du Sénégal au Canada, en passant par la Hongrie et l’Australie, les organisations membres de l’Internationale de l’Éducation se sont mobilisées pour envoyer un message de solidarité indéfectible à leurs collègues, aux États‑Unis, qui s’opposent aux attaques visant leurs écoles et leur démocratie.