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Les syndicats de l’éducation de la région Asie-Pacifique tiennent le cap face à l’aggravation des crises

Publié 31 mars 2026 Mis à jour 7 avril 2026

Réuni alors que la région est en proie à des crises multiples, le Comité régional de l’Internationale de l’Éducation pour l’Asie-Pacifique (IEAP) a lancé un appel urgent en faveur de la paix, de la démocratie et de l’enseignement public. Il a adopté une déclaration exigeant « un cessez-le-feu immédiat et une désescalade » en Iran et au Moyen-Orient, et condamnant les attaques contre les écoles et les travailleur·euse·s de l’éducation.

Lors de l’ouverture de la réunion qui s’est tenue les 26 et 27 mars 2026, Correna Haythorpe, vice-présidente de l’IEAP et membre du Conseil exécutif de l’IE, a souligné que la crise croissante découlant du conflit en cours au Moyen-Orient a des implications profondes pour les systèmes éducatifs, les enseignant·e·s et les apprenant·e·s. Elle a rappelé que les écoles doivent rester des espaces sûrs, même en temps de conflit.

Le président de l’Internationale de l’Éducation, Mugwena Maluleke, a replacé les luttes régionales dans un contexte mondial plus large. Il a reconnu que la guerre, les tensions frontalières et la montée de l’autoritarisme créent des défis profonds à l’échelle mondiale. Appelant à la recherche urgente de la paix, il a réaffirmé la solidarité sans faille de l’IE avec ses membres et leurs communautés, ainsi que son engagement à défendre la paix.

Jalila Al-Salman, membre du Bureau exécutif de l’IE, a également abordé la situation actuelle au Moyen-Orient. Partageant ses réflexions personnelles, elle a noté que son propre pays, le Bahreïn, connaît lui aussi des tensions accrues et des préoccupations en matière de sécurité. Elle a souligné le coût humain de la crise, notamment son impact sur les enseignant·e·s, les élèves et les familles, et a appelé à un renforcement de la solidarité internationale et à une action urgente pour désamorcer les tensions, protéger les civils et préserver les systèmes éducatifs régionaux.

Déclaration sur le conflit en Iran

Le Comité régional de l’IEAP a également adopté une déclaration (en anglais) dans laquelle il « exprime sa profonde inquiétude face à l’escalade du conflit en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient, qui entraîne des pertes humaines inacceptables et la destruction des systèmes éducatifs ».

Il « condamne également fermement toutes les attaques contre les élèves, le personnel enseignant, les personnels de soutien à l’éducation et les établissements d’enseignement, qu’il considère comme de graves violations du droit international humanitaire ».

Faisant écho aux Nations Unies et à l’UNESCO, le Comité exige : un cessez-le-feu immédiat et une désescalade, la protection totale des établissements d’enseignement en tant que zones de paix, la continuité d’une éducation de qualité, y compris un soutien d’urgence et psychosocial, ainsi que la protection et le soutien des enseignant·e·s en tant qu’intervenants de première ligne.

Il appelle en outre les gouvernements à respecter la Déclaration sur la sécurité des écoles et exhorte les syndicats de l’éducation à se mobiliser en solidarité pour la paix, les droits humains et la protection de l’éducation en Iran et au Moyen-Orient.

« La convergence des conflits armés et des restrictions aux libertés fondamentales souligne le besoin urgent de renforcer le plaidoyer international », a également déclaré le Comité. « L’éducation doit être défendue en tant que bien public protégé - en particulier en temps de guerre. »

Le directeur régional Anand Singh a présenté le rapport d’étape 2025, décrivant une région où l’aggravation des inégalités, la pénurie d’enseignant·e·s, les catastrophes climatiques et l’essor rapide de l’IA érodent le rôle des éducateur·trice·s, tandis que « les attaques persistantes contre les droits fondamentaux et les syndicats ont alimenté le recul démocratique et la montée de l’autoritarisme ».

Malgré ces pressions, a-t-il déclaré, l’IEAP est restée « inébranlable dans son engagement à faire progresser les droits et le bien-être des apprenant·e·s, des travailleur·euse·s de l’éducation et de leurs syndicats », en fondant son action sur six priorités : les personnes, l’enseignement public, la profession, la planète, le pouvoir et les partenariats.

Le Comité a exprimé sa profonde inquiétude concernant le Myanmar, où les travailleur·euse·s de l’éducation continuent d’être confronté·e·s à des arrestations, des déplacements et des menaces alors que les autorités militaires démantèlent les institutions démocratiques et mettent en place des syndicats fantômes.

Au Népal, l’évolution du paysage politique risque de remettre en cause des droits syndicaux durement acquis. En revanche, un plaidoyer soutenu en Corée du Sud a permis des progrès significatifs en matière de droits civils et politiques des enseignant·e·s, avec la mise en place de mécanismes de dialogue institutionnel.

S’organiser en syndicat pour le pouvoir

Le secrétaire général de l’IE, David Edwards, a félicité les affiliés de la région Asie-Pacifique pour avoir mené la campagne « La force du public : ensemble on fait école ! », un appel urgent lancé aux gouvernements pour qu’ils investissent dans l’enseignement public et les enseignant·e·s. Le Comité a adopté son Plan opérationnel 2026, réaffirmant les six domaines prioritaires.

L’IEAP tiendra sa 10e Conférence régionale à Jakarta, en Indonésie, du 13 au 15 octobre 2026, sur le thème : « S’organiser en syndicat pour le pouvoir : les syndicats de l’éducation façonnent l’avenir de l’éducation en Asie-Pacifique ».

Le message du Comité régional était sans ambiguïté : la revendication de la paix, de la démocratie et de systèmes d’enseignement public solides n’est pas négociable.