Les personnels de soutien à l'éducation et les syndicats de l’enseignement se mobilisent pour la justice de genre
La journée mondiale des personnels de soutien à l'éducation (PSE) de cette année, est l'occasion de célébrer, remercier et se mobiliser en faveur des PSE. L’Internationale de l’Éducation (IE) et ses organisations membres se concentrent sur la justice de genre. Cela reflète une réalité structurelle dans les systèmes éducatifs du monde entier : les fonctions de soutien à l’éducation sont fortement féminisées, systématiquement sous-valorisées et trop souvent marquées par de faibles salaires, la précarité et des charges de travail excessives. Les femmes qui les occupent sont aussi la cible de harcèlement et de violence.
Cette injustice de genre n’est pas un hasard : elle est le produit de l’austérité, de la privatisation, d’un marché du travail sexiste et de la dévalorisation historique des métiers du soin et de l'aide à la personne:
- Le travail féminisé est sous-payé et insuffisamment protégé.
- Les contrats précaires et l’externalisation touchent de manière disproportionnée les femmes.
- Les violences et le harcèlement fondés sur le genre existent sur les lieux de travail dans l’éducation.
- Les femmes PSE racisées, autochtones, migrantes, en situation de handicap et LGBTI+ subissent des discriminations plus graves.
Se battre pour les droits des PSE est donc un combat féministe et syndical majeur.
Comme l’a souligné le président de l’IE, Mugwena Maluleke : « Lorsque nous parlons de justice de genre, nous parlons d’une voix intersectionnelle. Nous parlons au nom des femmes membres des personnels de soutien à l’éducation en situation de handicap. Des femmes autochtones, des femmes noires et des femmes racisées. Des personnel LGBTI+ qui soutiennent l’éducation. Des travailleuses migrantes. De chaque femme dont la voix est exclue de la conversation. »
« À chaque femme membre des personnels de soutien à l’éducation dans nos écoles et universités : nous vous voyons, nous vous valorisons et nous sommes à vos côtés », a-t-il ajouté.
Politique de l’Internationale de l’Éducation sur les personnels de soutien à l’éducation
Les PSE sont indispensables à un enseignement public de qualité et à des environnements d’apprentissage sûrs et inclusifs. Leur travail doit être pleinement reconnu et valorisé à sa juste mesure. La politique de l’IE est claire : les PSE doivent bénéficier des mêmes droits, du même statut, de la même rémunération et des mêmes conditions de travail que les autres personnels de l’éducation ayant des qualifications et une expérience comparables, comme le prévoit la Déclaration de l’IE relative aux droits et au statut des PSE.
Cette Déclaration affirme également que tous les aspects de la formation, de l’emploi et de la rémunération des PSE doivent être exempts de discrimination. Pourtant, les syndicats signalent de manière constante que la discrimination demeure largement répandue. Les femmes PSE - en particulier celles qui sont racisées, autochtones, LGBTI+ ou en situation de handicap - font face à des inégalités de salaire, à un travail précaire, à des perspectives d’évolution limitées et à une exclusion des processus décisionnels au sein des systèmes éducatifs.
Comme le reconnaît la Déclaration d’Aveiro, les syndicats de l’éducation sont essentiels pour organiser des lieux de travail exempts de violence, de harcèlement et d’intimidation, ainsi que pour obtenir des conditions de travail de qualité, indispensables à l’égalité de genre. La Déclaration appelle aussi à un accroissement du financement public national et international de l’éducation, ainsi qu’à un financement spécifique pour les personnels de soutien à l’éducation, afin de garantir des salaires réguliers et des conditions de travail appropriées.
Les syndicats jouent également un rôle essentiel dans la défense du bien-être des PSE. La Résolution du Congrès mondial 2024 de l’IE sur le bien-être des enseignant·e·s et des PSE met en évidence les charges de travail et les exigences ingérables qui dégradent l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des PSE. Ces pressions touchent de façon disproportionnée les femmes, en raison d’une répartition inégale des responsabilités des soins au travail et à la maison. Ces défis sont encore aggravés par l’usage croissant de l’intelligence artificielle dans l’éducation, souvent introduite sans consultation, sans garantie ni prise en compte des droits des travailleur·euse·s.
La justice de genre pour les PSE ne se réalisera pas sans syndicalisation. Elle exige des syndicats forts, la négociation collective et une action durable pour obtenir des salaires justes, des lieux de travail sûrs, des charges de travail soutenables, ainsi que le respect plein et entier des droits et de la dignité de l’ensemble des PSE.