Nouveau rapport Oxfam : les super-riches de la planète sont responsables de la crise climatique et en tirent profit
Un nouveau rapport d’Oxfam, intitulé L’injustice des catastrophes, montre comment les plus riches de la planète, par leurs émissions démesurées, aggravent la crise climatique tout en se protégeant de ses conséquences et, de plus en plus, tirent profit de cette destruction. Pendant ce temps, des millions de personnes luttent contre les conséquences des inondations, des incendies et de la hausse des prix des denrées alimentaires.
Les 1 % les plus riches sont responsables de 20 % du réchauffement climatique depuis 1990
Selon le rapport, une personne appartenant aux 0,1 % les plus riches ont contribué 125 fois plus qu’une personne moyenne aux épisodes de chaleur extrême. Par rapport à une personne faisant partie des 50 % les plus pauvres, une personne ultra-riche a contribué près de 400 fois plus. Aujourd'hui, huit millions de personnes extrêmement riches polluent autant que 3,5 milliards de personnes dans le monde. Elles émettent plus de trois fois plus que l'ensemble de la population d'Afrique subsaharienne (1,3 milliard de personnes).
Dans le même temps, les plus riches peuvent se protéger des conséquences de la crise climatique, parce qu'ils sont en mesure de payer plus cher leur alimentation, de s'installer dans des endroits plus sûrs et de souscrire de meilleures assurances. La plupart des gens n'en ont pas les moyens. En outre, les inégalités rendent les catastrophes bien plus meurtrières. Une étude d'Oxfam révèle que le nombre de décès liés aux inondations est sept fois plus élevé dans les pays où les inégalités sont plus marquées.
Le rapport présente également le nouvel « Indice Destruction et reconstruction » d’Oxfam, qui explique comment les plus riches tirent profit des conséquences du changement climatique, en profitant de la hausse des prix des denrées alimentaires, de la prévention des catastrophes et des opérations de remise en état.
Appel à l'action pour la COP31 : un autre avenir reste possible
À l'approche de la COP31 et au-delà, Oxfam appelle à une action concertée pour briser ce cercle vicieux. Nous pouvons limiter les dommages humains causés par le dérèglement climatique en réduisant les émissions des plus riches, en réduisant drastiquement les inégalités et en faisant en sorte que les mesures d'adaptation au changement climatique soient fondées sur un principe d'égalité.
Un autre avenir reste possible. L'action pour le climat doit désormais être axée sur l'égalité climatique. Oxfam a identifié cinq mesures permettant de bâtir un avenir équitable et durable :
- Réduire les émissions de carbone des plus riches, en s'attaquant aux émissions liées à leur consommation et à leur patrimoine.
- Accorder des fonds bien plus importants pour aider les pays à s'adapter. Les pays riches, responsables de la crise climatique, doivent fournir au reste du monde les fonds nécessaires pour aider les autres pays à s'adapter et à faire face à cette situation.
- Mettre en place des plans nationaux avec des échéances précises pour ramener les inégalités économiques à un niveau faible. Il a été démontré que les pays économiquement plus égalitaires sont plus sûrs, plus respectueux de l'environnement et bien mieux armés pour faire face aux chocs climatiques tels que les feux de forêt, les inondations ou les sécheresses.
- Réduire au minimum l'exposition, les vulnérabilités et garantir une adaptation équitable aux phénomènes météorologiques extrêmes afin de développer des systèmes alimentaires plus équitables et plus résilients. L'adaptation au changement climatique doit réduire les inégalités au lieu de les renforcer.
- Mettre fin au capitalisme de catastrophe et à l'exploitation financière du dérèglement climatique. Les gouvernements doivent limiter le pouvoir excessif des entreprises et veiller à ce que la lutte contre le changement climatique privilégie les besoins humains plutôt que les profits des actionnaires.
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