Façonner l’avenir : les syndicats de l’éducation s’attaquent à des enjeux cruciaux lors de séances préliminaires de la conférence de la région Asie-Pacifique
La 10e Conférence de la région Asie-Pacifique de l’Internationale de l’Éducation a débuté avec l’organisation, du 10 au 12 octobre, d’événements préliminaires visant à préparer le terrain en vue de discussions approfondies sur la mise en place de syndicats de l’éducation résilients, inclusifs et parés pour l’avenir.
Jour 1 : Caucus des femmes – transformer les syndicats de l’intérieur
Le Caucus des femmes a permis aux femmes syndicalistes de toute la région de développer les compétences, les stratégies et la solidarité nécessaires à la refonte de leurs organisations.
La session a connu plusieurs temps forts :
- un discours d’ouverture par l’ancienne présidente de l’Internationale de l’Éducation, Susan Hopgood,
- la présentation des actualités des réseaux de femmes sous-régionaux,
- une table ronde consacrée aux femmes à l’avant-garde de la transformation des syndicats dans la région Asie-Pacifique,
- un travail de groupe autour de la promotion de l’égalité de genre dans le but de favoriser un mouvement syndical inclusif, résilient et durable.
Parmi les principaux sujets abordés lors des débats, on peut citer les préoccupations grandissantes en ce qui concerne les violences et le harcèlement fondés sur le genre, les demandes visant à renforcer les mécanismes de responsabilisation, l'amélioration des mesures de protection de la sécurité et du bien-être des enseignants, l'attribution de rôles décisionnels significatifs aux jeunes femmes, ainsi que la mise en place d'actions de sensibilisation spécifiques destinées aux communautés autochtones.
Jour 2 : Caucus des peuples autochtones, de l’enseignement supérieur et de la jeunesse
Caucus des peuples autochtones
Cette session spéciale avait pour objectif de mettre en lumière les voix des personnes autochtones en permettant aux délégué·e·s de témoigner de leur vécu et de transformer l’action collective en force concrète. Les discussions ont porté sur les difficultés et les opportunités qui concernent spécifiquement les personnels de l’éducation et les communautés autochtones, les stratégies visant à intégrer les points de vue autochtones dans les futurs programmes de l’IEAP et les moyens de renforcer les langues, les cultures et la représentation des peuples autochtones grâce au plaidoyer syndical.
Les participant·e·s ont réaffirmé que les personnes autochtones devaient être activement impliquées dans les processus de décision, et non simplement représentées dans les débats. Le Caucus s’est achevé sur un appel fort à l’action collective, à la solidarité et à l’application du principe de responsabilité afin de garantir que les témoignages des peuples autochtones se traduisent par une influence concrète et un changement systémique.
Caucus de l’enseignement supérieur
Le Caucus de l’enseignement supérieur s’est concentré sur la manière dont les syndicats résistent aux ingérences politiques pour préserver la liberté académique. Les principaux enjeux mentionnés comprenaient la protection de l’autonomie professionnelle et de l’intégrité de la recherche, la défense de la participation démocratique dans les établissements d’enseignement supérieur et le renforcement de la solidarité au sein d’effectifs de plus en plus fragmentés.
Caucus de la jeunesse
Les participant·e·s du Caucus de la jeunesse ont examiné l’avenir du syndicalisme et comment les jeunes enseignant·e·s le façonnent.
Outre une discussion sur les conclusions de l’étude sur la jeunesse de l’IEAP, le Caucus a proposé un panel dynamique de jeunes travailleurs et travailleuses :
- Roselyn Timauku (présidente du réseau jeunesse du Conseil de l’éducation du Pacifique) a évoqué la mise en place de structures de jeunesse solides au sein des syndicats afin de renforcer l’engagement et le leadership des jeunes syndicalistes,
- Galbadrakh Bilegdemberel (responsable du comité jeunesse de la Fédération des syndicats mongols de l’éducation et de la science) a évoqué la façon dont la participation des jeunes a contribué au succès de la campagne en faveur de meilleurs salaires pour le corps enseignant mongol,
- Maksimus Masan Kian (responsable de PGRI dans le kabupaten de Florès oriental de la province de Nusa Tenggara oriental) a souligné que le recrutement et l’implication de jeunes a permis de renforcer la présence du syndicat dans tout le pays.
Jour 3 : « La force du public : ensemble on fait école ! », caucus sur le climat et session sur l’IA dans l’éducation
La force du public : ensemble on fait école !
L’éducation publique est la pierre angulaire d’une démocratie forte et d’une société juste. Pourtant, dans la région Asie-Pacifique, les systèmes éducatifs font face à un sous-financement chronique, à des pénuries d’enseignant·e·s croissantes et à une privatisation de plus en plus importante.
Au cours de cette session, les responsables syndicaux ont présenté des campagnes et des stratégies visant à favoriser le recrutement et la rétention dans la profession enseignante, à améliorer la condition du personnel enseignant et à placer les personnels de l’éducation au cœur de la transformation sociale.
L’IA dans l’éducation
Cette session sur l’intelligence artificielle a porté sur les enjeux éthiques, les risques et les opportunités de l’IA dans l’éducation, tout en s’interrogeant sur ce que cela signifie de placer le corps enseignant au cœur des innovations.
Parmi les principales présentations, on peut relever celles de :
- Norzah Binti Muhamad (membre du conseil exécutif du NUTP), sur l’intégration progressive de l’IA dans l’éducation en Malaisie grâce à une plateforme d’apprentissage numérique,
- Richardus Eko Indrajit (vice-président de PGRI), sur la fracture numérique en Indonésie et l’importance d’une approche de l’IA centrée sur l’humain afin de prévenir de futures inégalités éducatives,
- Ji-hee Kim (vice-présidente du KTU), sur la manière dont l'infrastructure numérique mise en place en Corée pendant la pandémie de Covid a été élargie pour intégrer désormais des manuels numériques générés par l’IA et des technologies d’apprentissage adaptatif,
- Gurumurthy Kasinathan (directeur d’IT for Change), qui a offert un examen critique de l’IA et de ses implications en ce qui concerne l'éducation, les capacités cognitives humaines, les relations sociales et les inégalités technologiques.
Caucus sur le climat
Le Caucus sur le climat a réuni des responsables de syndicats de l’éducation, des enseignantes et enseignants, ainsi que des défenseurs et défenseuses de l’environnement afin de discuter des difficultés croissantes auxquelles les communautés doivent faire face dans un contexte où les répercussions de la crise climatique se font ressentir sur les personnes, les moyens de subsistance et les systèmes éducatifs de toute la région.
Quelques temps forts de cette session :
- Alanah Torralba (consultante auprès de l’IEAP) sur les progrès, les leçons et l’impact du programme Educators for Sustainable Development (Les enseignant·e·s pour le développement durable),
- Mega Novita (PGRI), qui a expliqué en quoi le stress thermique en classe est une question de justice climatique et pourquoi la protection des écoles face aux changements climatiques devrait constituer une priorité de santé et d’éducation publiques,
- Ranjana Das, qui a présenté les résultats d’une étude intitulée « Towards Quality Climate Education for All: A Critical Assessment of Climate Education Policies in India and the Philippines » (Vers une éducation climatique de qualité pour tous et toutes : une analyse critique des politiques éducatives sur le changement climatique en Inde et aux Philippines),
- C. L. Rose (secrétaire général de l’AIFTO), sur la façon dont le changement climatique modifie la profession enseignante et sur les moyens qui peuvent permettre aux syndicats de l’éducation d’initier une transition juste dans le secteur.
Ces sujets seront approfondis tout au long de la conférence à l’occasion des séances plénières et en sous-groupe.
Vous pouvez participer aux débats sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #EIAP2026.