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RDC: Lancement des formations de formateurs/trices des animateurs/trices des cercles d’études

Grâce à l'appui de collègues à travers le monde, les syndicats de l’éducation en République Démocratique du Congo ont lancé une série de formations de formateurs syndicaux du secteur de l’éducation.

Un atelier de formation de formateurs/trices s’est tenu en République Démocratique du Congo (RDC), dans la capitale Kinshasa,du 27 au 31 mars, avec pour objectif dedévelopper la culture du dialogue sur le lieu de travail et d’apporter la démonstration qu’une partie des défis peuvent être résolus localement. Y participaient cinq militant(e)s par syndicat, des délégué(e)s de la Confédération Syndicale du Congo (CSC-Enseignement), de la Fédération Nationale des Enseignants et Educateurs sociaux du Congo-Union Nationale des Travailleurs du Congo (FENECO-UNTC) et du Syndicat des Enseignants du Congo (SYECO), trois organisations affiliées à l’Internationale de l’Education (IE), et membres du Comité syndical francophone de l’éducation et la formation (CSFEF). Outre l’IE et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) du Canada, les prochaines étapes de la série de formations lancées seront appuyées aussi par le Lärarförbundetsuédois et d’autres partenaires.

Formation sur la méthode de formation par les cercles d’études

Florian Lascroux de l’IE et Luc Allaire, membre de la CSQ et Secrétaire général du CSFEF, ont encouragé les participant(e)s à suivre avec attention la formation sur la méthode de formation par les cercles d’études (MEFOCE), dans le but de développer les compétences nécessaires pour la formation des animateurs syndicaux.

La formation était assurée par Tharsisse Nabu, Secrétaire exécutif chargé de la formation syndicale à l’UNTC, coordonnateur national du programme panafricain d’éducation (PANAFE), et facilitateur animant cette formation avec un programme d’activités traitant de  la syndicalisation, de la protection sociale, de la protection des droits des enseignants âgés et de la liberté syndicale.

Interrogé sur l’intérêt des cercles d’études, Nabu a précisé que « beaucoup de nos affiliés sont très motivés et ont une forte conscience syndicale: ils aident les syndicats par des actions au niveau des entreprises, parce qu’il y  a des fois où les permanents syndicaux ne sont pas là, mais ceux qui sont formés font le travail de ces derniers de défense des travailleurs ».

Il a également souligné le fait que c’était la première fois quele Secrétaire général de la FENECO-UNTC Augustin Tumba Nzuji l’associait dans les cercles d’études au sein des écoles.

Selon Nabu, pour renforcer les syndicats, il faudrait d’abord qu’ils « aient la volonté de travailler ensemble, parce que souvent, quand on est pas ensemble, quand on est pas d’accord avec les autres, rien ne peut aller ». Mais quand on est là comme un seul homme, les trois syndicats ensemble, on va produire des effets positifs,a-t-il fait remarquer.

Un projet sur trois ans

Un contrat de 3 ans (2017-2019) est par ailleurs sur le point d’être signé entre l’IE, le Bureau régional Afrique de l’IE, la CSQ, le Lärarförbundet, d’une part, et les trois syndicats de l’IE en RDC, d’autre part. Pour 2017, le financement des activités est assuré par l’IE et la CSQ, pour 10.000 euros chacun. En 2018, le Lärarförbundet s’associera au financement.

Il est prévu que le projet se mette en place dans des écoles de Kinshasa, puis de plusieurs provinces: Kongo Central, Bandundu, Equateur et Kasaï-central. Pour chacune de ces zones géographique, le déploiement est opéré en trois étapes: formation de formateurs, formation d’animateurs, puis mise en place des cercles d’études. Un suivi précis et régulier va être effectué par les syndicats de RDC, au moyen de fiches-bilans des réunions des cercles d’études, ce qui va permettre de rechercher sans attendre des solutions aux problèmes rencontrés. La suite du déploiement du projet dans les provinces précitées, ainsi que l’éventuelle extension à d’autres régions, dépendra de l’évaluation ainsi réalisée.

Contexte national pour les syndicats d’enseignants

Le contexte politique en RDC reste marqué par un pouvoir autoritaire, rendant difficile le dialogue entre les syndicats et le ministère de l’Education. De plus, le secteur de l’éducation est fortement privatisé, et la condition des enseignants dans les établissements publics est très dégradée. La contribution financière des familles est sollicitée, même dans les établissements publics.

Le Comité régional Afrique de l’IE a quant à lui décidé en septembre 2016 comme priorité absolue l’unité syndicale. Il ne s’agit pas de viser une unification structurelle des syndicats, mais d’améliorer l’efficacité de leur action, par davantage de pratiques de travail commun. Avec, d’une part des besoins très importants pour renforcer les syndicats africains, et d’autre part des ressources humaines et financières limitées pour les syndicats du Nord, l’objectif est de viser une meilleure articulation des programmes de coopération au développement, une plus grande régularité dans les échanges afin de tirer profit des expériences passées, réussies ou non, pour une meilleure efficacité.

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