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Colombie : campagne contre les menaces de mort envers les syndicalistes

De nouvelles menaces de mort contre des dirigeant·e·s de syndicats d'enseignant·e·s en Colombie ont déclenché une campagne de solidarité et de soutien international contre le bilan de plus de 6.000 morts et la répression continue.

Dans une déclaration publiée le 2 octobre, l'Internationale de l'Éducation (IE) a encouragé ses membres et la communauté mondiale des éducateur·trice·s à exprimer leur indignation face aux nouvelles menaces de mort reçues par les membres du Bureau exécutif de la Federación Colombiana de Educadores (FECODE).
 
Nouvelles menaces
 
Le 26 octobre, des menaces de mort ont été envoyées aux 15 membres du Bureau exécutif de la FECODE, ainsi qu'à Diógenes Orjuela, président de la confédération syndicale CUT et ancien professeur et dirigeant de la FECODE. Les menaces ont pris la forme d'une couronne funéraire avec pour inscription « Repose en paix ». Seize bougies et faire-parts de décès portant le nom de chacun·e des dirigeant·e·s syndicaux·ales menacé·e·s ont également été livrés au domicile de Carlos Rivas, secrétaire aux affaires juridiques de la FECODE.
 
Répression de l'activité syndicale et défense de l'éducation
 
Les menaces font suite aux actions nationales menées par les syndicats face à la crise sociale, sanitaire, éducative et économique du pays. La FECODE mène des initiatives pour défendre l'enseignement public et la démocratie et pour promouvoir l'école comme territoire de paix à travers le dialogue entre les communautés. Le syndicat des enseignants reste également fermement attaché à la pleine mise en œuvre de l'accord de paix.  
 
Mesures néolibérales
 
Les mesures prises par les autorités pour assouplir le travail, réduire la portée de la négociation collective et limiter le droit de grève, se sont accompagnées d'une campagne systématique de diffamation et de haine sur les réseaux sociaux dirigée contre la FECODE pour tenter de faire taire les enseignant·e·s et leurs syndicats. 
 
Plus de 6.000 morts
 
Une nouvelle publication de la FECODE et de la Escuela Nacional Sindical (en espagnol) fait état de 6.119 violations du droit à la vie, à l'intégrité physique et à la liberté des enseignant·e·s syndiqué·e·s en Colombie entre 1986 et 2016. On décompte notamment 990 meurtres, 78 disparitions forcées et 49 attentats à la vie, ainsi que plus de 3.000 menaces et plus de 1.500 déplacements forcés. 
 
Solidarité internationale
 
Une campagne de dénonciation et de soutien a été créée sur Labourstart (accessible ici).
 
L'Internationale de l’Éducation et son Comité régional pour l'Amérique latine ont exprimé leur grave préoccupation face au manque chronique de sécurité des enseignant·e·s et des syndicalistes en Colombie. Ils ont adressé des lettres officielles au président colombien, Iván Duque, pour exiger des mesures de protection immédiates pour tou·te·s les membres du Bureau exécutif de la FECODE, notant que plus de 1.000 enseignant·e·s et syndicalistes ont été assassiné∙e∙s en Colombie au cours des 25 dernières années. 
 
L'Internationale de l’Éducation  a également alerté les agences des Nations Unies, notamment l'Organisation internationale du Travail, l'UNESCO et la Commission des droits de l'Homme des Nations Unies, et a transmis des informations détaillées sur la situation à l'ensemble des syndicats et de la communauté de protection des droits humains.