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Fidji : solidarité syndicale alors que deux cyclones frappent une île du Pacifique

Publié 2021-02-16 Mis à jour 2021-02-25

Les syndicats de l’éducation de la région Pacifique sont intervenus pour soutenir leurs collègues fidjiens dans un pays dévasté par deux cyclones tropicaux en décembre et janvier.

Le 17 décembre 2020 aux Fidji, un violent cyclone tropical de catégorie 5, Yasa, a frappé l’île de Vanua Levu, au nord de la capitale, Suva. Il a causé des centaines de millions de dollars de dommages aux infrastructures, aux bâtiments, aux écoles, aux maisons et aux zones agricoles, selon le gouvernement.

Selon Govind Singh, secrétaire général du Council of Pacific Education (COPE), le rapport de décembre de l’UNICEF pour le Pacifique a indiqué qu’environ 93.000 personnes, dont 32.500 enfants, étaient directement touchées.

En outre, le ministère de l’Éducation des Fidji a effectué une évaluation qui a montré que 85 écoles ont été endommagées ou détruites par le cyclone. Cela signifie qu’environ 1.000 élèves de ces écoles à Bua, Macuata et Cakaudrove ont été touchés, a déclaré Govind Singh. Il a ajouté que, dans ces régions, la plupart des maisons des enseignant·e·s ont été gravement endommagées ou détruites.

Collaboration de haut niveau en matière de secours en cas de catastrophe 

Lors de sa visite sur l’île dévastée, à Labasa, le Secrétaire général du Fidji Teachers Union (FTU), Agni Deo Singh, a rencontré la ministre de l’Éducation, Rosy Akbar, TISI Sangam — une organisation de promotion de la langue et de la culture indiennes — et d’autres parties prenantes et organisations du secteur privé intéressées par le soutien aux étudiant·e·s dans les zones touchées par Yasa. 

La réunion a permis la mise en place d’une collaboration pour aider et soutenir efficacement les zones touchées.

Les écoles ont rouvert le 18 janvier, avec de nombreux enfants logés dans des tentes montées à la hâte par les forces de la Défense australienne, a noté Govind Singh. Les installations d’hébergement des écoles n’ont pas été reconstruites, et les internes dépendent de la générosité des parents et ami∙e∙s vivant à proximité des écoles.

Il a été convenu que le FTU et TISI Sangam fournissent des cartables à environ 1.600 enfants dans sept écoles primaires et un collège. Chaque sac est rempli d’articles de papeterie et de sacs d’école. Ces fournitures permettent aux enfants de disposer des ressources dont ils ont besoin pour aller à l’école, apprendre et grandir, a rapporté Govind Singh.

Il a également souligné qu’un grand nombre des enfants touchés se trouvent dans des communautés éloignées, où la plupart de ces familles ont perdu toutes leurs récoltes, un grand nombre de têtes de bétail, ainsi que leur maison. La majorité d’entre eux vivent toujours dans des abris temporaires ou des tentes fournies par AUSAID, et les besoins de base comme l’eau ou l’électricité prendront des semaines, voire des mois, à se rétablir.

Soutien pratique du syndicat 

« L’ouverture d’écoles dans les zones touchées par le cyclone tropical a été une étape importante dans le processus de rétablissement pour nos enfants », a déclaré le secrétaire général du COPE. « Le retour à l’école procurera un sentiment de sécurité et aidera les enfants à surmonter le traumatisme émotionnel et les ravages causés par le cyclone tropical Yasa. »

Comme elle l’a fait pour les enfants de parents ayant perdu leur emploi à cause de la pandémie de COVID-19, le FTU prévoit de fournir des déjeuners à quatre écoles primaires et une école secondaire de la zone la plus touchée, trois jours par semaine pendant quatre semaines. Il est prévu que d’autres écoles auront des demandes similaires pour améliorer la fréquentation et éviter l’absentéisme et l’abandon scolaire, a souligné Govind Singh.

Au nom des partenaires du développement — d’autres organisations membres de l’Internationale de l’Éducation dans la région : le New Zealand Educational Institute Te Riu Roa (NZEI), la Post Primary Teachers' Association (PPTA) néo-zélandaise, l’Australian Education Union (AEU), l’Independent Education Union of Australia (IEUA) — le COPE a apporté un soutien financier au FTU et à la Fidji Teachers Association (FTA), pour la première distribution de fournitures aux étudiant·e·s. 

La deuxième catastrophe naturelle nuit aux efforts de secours apportés précédemment

Malheureusement, un deuxième cyclone tropical meurtrier, Ana, a frappé Fidji les 30 et 31 janvier. Bien que ce cyclone ait été classé dans la catégorie 2/3, les fortes pluies ont provoqué de graves inondations dans les deux principales îles de l’archipel des Fidji. Cela a empêché le pays de se remettre de la catastrophe de Yasa, a déclaré Govind Singh.

L’Office national de gestion des catastrophes a indiqué que 10.259 personnes s’étaient réfugiées dans 318 centres d’évacuation à travers le pays, dont 5.776 dans la division nord des Fidji, déjà durement touchée par le cyclone tropical Yasa de décembre. Des pluies torrentielles et des vents violents ont provoqué de graves inondations et des dégâts considérables aux bâtiments, aux cultures et aux infrastructures publiques. Singh a ajouté que la plus grande partie du pays était privée d’électricité depuis le 31 janvier, et que des perturbations généralisées de l’approvisionnement en eau avaient été signalées.

Il a ensuite expliqué que les écoles des Fidji ont été fermées à partir du 29 janvier et ont rouvert le 8 février, beaucoup d’entre elles servant de centres d’évacuation. Cependant, les écoles de la division nord restent fermées jusqu’à nouvel ordre par le ministère de l’Éducation. La saison cyclonique des Fidji, qui s’étend de novembre à avril, dure encore trois mois.

La pauvreté et la pandémie touchent la région

Comme ce fut le cas après le cyclone Yasa, le fonds de solidarité du COPE, auquel les partenaires de la coopération au développement ont contribué, a été utilisé pour apporter une aide financière au FTU et à la FTA afin de pouvoir travailler à la reprise. 

Les deux syndicats fidjiens ont demandé un financement supplémentaire pour organiser un programme alimentaire dans les écoles pendant au moins trois mois, avant que la vie ne revienne à une sorte de normalité, a souligné le responsable du COPE. L’impact significatif de la crise de la COVID-19 et les cyclones tropicaux qui ont entraîné des inondations massives en l’espace de deux mois ont aggravé une situation déjà précaire sur le terrain, laissant la population scolaire dans une grande pauvreté, a-t-il conclu.