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Colombie: l’IE exige la libération d’un professeur emprisonné

Publié 8 novembre 2010 Mis à jour 8 novembre 2010

L’IE a lancé une pétition en ligne mondiale appelant le Gouvernement colombien à relâcher Miguel Ángel Beltrán Villegas, un professeur d’Université syndicaliste, emprisonné injustement.

Beltrán a été emprisonné en 2009 par le gouvernement colombien d’Álvaro Uribe. Un an après avoir été accusé de rebellion et d’enfreinte à la loi à des fins terroristes, aucune preuve n’a pu être fournie pour démontrer le bien-fondé des accusations retenues contre lui.

C’est pourquoi l’IE est intimement convaincue que les charges retenues contre lui constituent une violation du libre exercice des libertés académiques du professeur.

Le 12 novembre 2010 marquera la réouverture du procès de Beltrán et l’IE rappelle qu’une attention toute particulière de la part de la communauté internationale sera primordiale en vue d’obtenir sa libération par la justice colombienne, après un procès équitable.

Comme le professeur l’a récemment fait savoir dans un récent message vidéo à ses défenseurs, «votre présence et celle d’observateurs internationaux seront capitales. Ceci est extrêmement important car il s’agit d’un procès politique, un procès contre la pensée politique, contre la liberté d’expression et contre l’indépendance académique. »

Il a également dénoncé les attaques visant la communauté universitaire ainsi que les violations des libertés académiques en Colombie. Dans une lettre ouverte à son syndicat, la Asociación de Profesores Universitarios, envoyée depuis la prison de « La Picota » en février 2010, il expliquait que « ces violations se traduisent par des arrestations arbitraires d’étudiants, des incursions de la police sur le campus, des assassinats et des disparitions d’étudiants, des menaces à l’encontre des professeurs et la multiplication des accusations de rébellion portées à l’encontre des membres de la communauté universitaire dans le cadre de procès sommaires ».

Avant d’ajouter : « Ces quatre murs emprisonnent mon corps mais pas mon esprit ».

L’IE a condamné à de nombreuses reprises les violations des droits humains et syndicaux perpétrées en toute impunité à l’encontre des enseignant(e)s de Colombie. Entre 1991 et 2010, 873 enseignant(e)s ont été assassiné(e)s, dont 19 depuis janvier de cette année.

L’IE demande aux professeurs d’université, aux enseignantes et aux personnes soucieuses de la situation déplorable des droits humains et syndicaux en Colombie de bien vouloir exprimer leur solidarité avec le professeur Beltrán, dont le seul crime est d’avoir publié des articles académiques et ses opinions politiques.

L’IE a rédigé une lettre ouverte adressée au Président colombien, Juan Manuel Santos, et à l’ambassade de Colombie en Belgique afin d’exiger la libération de Beltrán.

Pour signer la pétition et ajouter votre voix à celles qui à travers le monde en appelle à la justice pour le professeur Beltrán, cliquez ici.