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Botswana: Le gouvernement dénie aux enseignants le droit de faire grève

Publié 6 juillet 2011 Mis à jour 14 juillet 2011

Le gouvernement botswanais a modifié sa loi, afin de rendre illégale toute action de grève organisée par les enseignant(e)s. Cet événement intervient avec la décision du gouvernement de reclassifier l'enseignement en tant que « service essentiel », interdisant ainsi aux enseignant(e)s d'arrêter le travail.

La nouvelle loi concerne également les travailleurs/euses de l'industrie du diamant et les services vétérinaires.

Cette décision intervient après la suspension d'une action de grève menée par les enseignant(e)s et d'autres fonctionnaires, dans l'attente des négociations.

N'ayant bénéficié d'aucune augmentation de salaire depuis trois ans en dépit des conditions économiques difficiles accentuées par une inflation de 27% au Botswana, les enseignants avaient entamé une grève afin de revendiquer un salaire décent.

Au Botswana, de nombreux observateurs/trices craignent pour l'avenir de la démocratie dans le pays, étant donné que les libertés fondamentales du peuple sont bafouées.

Au cours de la récente grève, le gouvernement a recouru à l'armée et aux forces de police pour remplacer les enseignant(e)s dans certaines écoles, ce qui est contraire à la législation nationale sur les relations de travail.

Selon la Coordinatrice régionale principale en Afrique, Assibi Napoe, « tout comme en Australie et aux Etats-Unis, les syndicats d'enseignants sont menacés. Les gouvernements tentent en effet de trouver un équilibre financier en faisant payer les services publics – et notamment l'éducation – pour combler le déficit budgétaire, dont ni les syndicats, ni les usagers de ces services ne sont responsables. Ce n'est pas la bonne ligne de conduite à adopter si l'on veut trouver une solution conjointe aux difficultés financières que connaît le pays. »