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La Colombie se mobilise en faveur de l’éducation publique

Publié 18 février 2013 Mis à jour 19 février 2013

Le 6 février dernier, la Federación Colombiana de Educadores (FECODE) a organisé une manifestation pour défendre l’éducation publique gratuite, la dignité de la profession enseignante et la qualité des services de santé pour les enseignant(e)s.

Plus de six mille manifestant(e)s ont défilé dans les rues de la capitale Bogotá pour exiger de mettre fin à la privatisation de l’enseignement, soutenue de manière insidieuse par le gouvernement central.

« Nos responsables politiques font tout pour que les élèves délaissent les institutions publiques au profit des établissements privés, qu’il ont baptisés collèges en concession ou collège par convention», a dénoncé Senén Niño, Président de la FECODE et membre du Bureau exécutif de l’IE.

Niño a également révélé que, par l’entremise de ce modèle de concession, les fonds publics ont permis de soutenir un grand nombre d’écoles privées, entraînant ainsi la perte de 30.000 postes d’enseignant(e)s au cours de ces 15 dernières années et le transfert de 40.000 élèves des écoles publiques vers les institutions privées.

Un risque pour la qualité de l’éducation

La FECODE cherche également à défendre la dignité de la profession enseignante et s’oppose aux mesures visant à augmenter le nombre d’élèves par classe.

Au cours de ces dernières années, le nombre de classes surnuméraires dans les écoles publiques  — 40 élèves par classe en moyenne — a entraîné la suppression de 50.000 postes d’enseignant(e)s. « Cette situation détériore la qualité de l’éducation en raison d’une surcharge de travail pour les enseignant(e)s.

De même, nous revendiquons le respect des attributions au sein de la profession, c’est-à-dire le nombre de périodes de cours hebdomadaires que doit donner l’enseignant(e) », a-t-il déclaré.

Protection sociale et services de soins de santé

Depuis plusieurs années, on assiste à une détérioration des services de soins de santé dont bénéficient les enseignant(e)s en Colombie. C’est pourquoi cet aspect fait également partie des revendications de cette mobilisation.

« Les fonds destinés à assurer les soins de santé des enseignant(e)s ne sont pas suffisants et il est, en outre, nécessaire d’instaurer un système de contrôle garantissant que les opérateurs privés dans le secteur de la santé agissent conformément aux dispositions entérinées dans les accords », a ajouté Niño.

Un statut unique pour les enseignant(e)s

Les milliers d’enseignant(e)s ont également clamé leur volonté d’obtenir un statut unique pour la profession enseignante, l’une des revendications stratégiques que soutient le plus fermement la FECODE depuis ces dernières années.

A l’heure actuelle, la profession enseignante est divisée en deux catégories en Colombie, en raison de la coexistence de deux statuts professionnels : le statut 2277 de 1979 et un autre, plus récent, le statut 1278 de 2002, par lequel les nouveaux enseignant(e)s qui entrent dans la profession perdent certains droits fondamentaux.

La FECODE lutte pour unifier ces deux statuts et en établir un nouveau qui pourrait considérablement améliorer les conditions de travail, de même que la qualité de la formation des enseignant(e)s et des éducateurs/trices en Colombie.

Au cours des prochains mois, la FECODE présentera au gouvernement une liste de revendications et de plaintes concernant les accords non respectés. Cette liste, ainsi que d’autres éléments stratégiques en faveur de la profession enseignante en Colombie, sera mise au point à l’occasion du prochain Congrès de la FECODE, qui se tiendra du 4 au 7 mars.