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Honduras: le Ministre de l’Education et les organisations d’enseignants doivent reprendre le dialogue

Publié 29 avril 2013 Mis à jour 3 mai 2013

Au Honduras, le Ministre de l’Education et les organisations d’enseignants doivent reprendre le plus tôt possible le dialogue sur l’avenir du système d’enseignement public. Ces échanges devront s’appuyer sur le respect mutuel et chercher à améliorer l’éducation de qualité pour tous les enfants. Tel était le message transmis par le Secrétaire général de l’IE Fred van Leeuwen lors d’une conférence de presse organisée à Tegucigalpa le 27 avril.

Il a dénoncé la décision du gouvernement de modifier unilatéralement la structure de salaires des enseignant(e)s, de supprimer le système des retenues à la source et d’interdire aux dirigeant(e)s syndicaux/ales d’enseigner. Van Leeuwen a déclaré que ces mesures étaient contraires aux normes internationales du travail et que l’Internationale de l’Education allait, en conséquence, déposer une plainte auprès de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Il s’est par ailleurs dit préoccupé par la coupe de quelque 50 millions de dollars opérée dans le budget de l’éducation nationale et par les plans visant l’introduction de frais de scolarité et la mise en place d’un système contestable d’évaluation des enseignant(e)s.

« Le système d’enseignement public est sur le point de s’effondrer, » a indiqué Edwin Oliva, Président du COLPROSUMAH, l’une des cinq organisations d’enseignants regroupées au sein de la fédération nationale de l’enseignement, la FOMH. Et d’ajouter: « Le Gouvernement ne fournit plus ni transport, ni repas scolaires, ni matériel pédagogique, et il ne paie plus depuis longtemps les factures d’eau et d’électricité de nos écoles. » Les syndicats critiquent le gouvernement pour avoir pris de telles mesures sans avoir dûment consulté le corps enseignant.

Les rapports entre les organisations d’enseignants et les pouvoirs publics se sont encore détériorés suite aux allégations dirigées contre ces organisations par le Ministre de l’Education Marlon Escoto. Dans les médias, celui-ci a accusé les dirigeants syndicaux d’être « corrompus ». Il les a également traités de « cochons ».

Le Secrétaire général de l’IE Fred van Leeuwen a déclaré que le comportement d'Escoto et son refus de reprendre le dialogue avec les enseignant(e)s hondurien(ne)s ne permettraient pas de résoudre les problèmes les plus urgents rencontrés par le secteur éducatif au Honduras, où plus de 800.000 enfants ne sont pas scolarisés alors que le taux d’abandon est de 20 pour cent dans l’enseignement primaire.