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L'Ouzbékistan prié de mettre un terme au travail forcé

Publié 13 juin 2013 Mis à jour 24 juin 2013

Durant la Conférence internationale du Travail (CIT), l'IE a condamné le non-respect par l'Ouzbékistan de la Convention 182 de l'Organisation internationale du Travail (OIT) sur les pires formes de travail des enfants et de la Convention 105 sur l'abolition du travail forcé.

« Le travail forcé organisé par l'état reste grave, systématique et continu, » a dénoncé Dominique Marlet, Coordinatrice Senior de l'Unité des droits humains et syndicaux de l'IE, s’adressant aux réprésentant(e)s de travailleurs/euses, de gouvernments et d’enployeurs à la Commission de l'application des normes (CAN) de l'OIT. « Les enfants, âgés pour la plupart entre 15 et 17 ans, mais parfois dès 10 ans, sont forcés à récolter du coton sous peine d'être punis, voire exclus de l'école. Environ 60 pour cent des enseignantes et enseignants sont forcés à récolter le coton et à superviser les quotas. »

Le travail dans les champs de coton nuit à la qualité de l'éducation

Selon les chiffres les plus conservateurs, on estime que près de 500.000 collégien(ne)s et lycéen(ne)s ont participé à la récolte de coton ouzbek en 2012. Comme pour les années précédentes, les enfants forcés à récolter le coton ont travaillé de trop nombreuses heures et exécuté un travail physique dans des conditions dangereuses.

Les adultes - enseignants, médecins, infirmiers, fonctionnaires et employés du secteur public - sont forcés à récolter le coton avec les enfants. Des écoles ont été fermées dans trois régions du pays au moins.

La participation des enfants à la récolte est organisée et appliquée par les autorités pour atteindre les quotas de coton définis par le gouvernement central, a déclaré Marlet. « Cette situation constitue clairement une violation des conventions légales internationales. »

Les défenseurs ouzbeks des droits humains qui tentent de contrôler la récolte de coton subissent harcèlement, intimidation et détention.

Le déni ouzbek remis en cause

Au cours d'une audition à la CAN, l'Ouzbékistan a à nouveau nié avoir fait travailler les enfants dans les champs de coton en 2012 et est resté muet sur l'existence du travail forcé des adultes. Comme l'ont souligné la Confédération syndicale internationale et l'Organisation internationale des employeurs, cette déclaration manque de preuve et contredit les faits présentés par la société civile indépendante.

Dans ses conclusions, la Commission a recommandé que le gouvernement ouzbek prenne des mesures urgentes et sérieuses pour mettre fin au travail forcé des enfants et des adultes dans le secteur cotonnier.

Pour prouver son engagement à respecter les normes internationales du travail, le gouvernement ouzbek doit également inviter une mission tripartite de haut niveau de l'OIT afin de contrôler la récolte de coton de 2013.

Tout retard reviendrait à forcer les enfants et les adultes à récolter le coton pour une année supplémentaire.