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Amérique latine: pour une EPE gratuite et universelle

Publié 4 novembre 2013 Mis à jour 5 novembre 2013

A l’occasion d’une réunion sur l’éducation de la petite enfance organisée à Santiago, au Chili, le Bureau régional de l’IE pour l’Amérique latine s’est donné pour objectif d’analyser, de définir et d’harmoniser des critères en lien avec le travail syndical dans ce secteur de l’éducation.

Cette réunion consacrée à l’éducation de la petite enfance a vu la participation de dirigeant(e)s syndicaux/ales de plusieurs pays d’Amérique latine, dont l’Argentine, le Brésil, le Costa Rica et le Chili, et également du Danemark.

Les participant(e)s ont convenu que l’éducation de la petite enfance était le seul niveau d’éducation que personne ne peut récupérer au cours de sa vie. C’est pourquoi l’Etat se doit de définir des politiques dans ce cadre et prévoir un financement public permettant de garantir une éducation à ce stade de la vie, de manière à ce que l’ensemble du pays puisse bénéficier de conditions identiques en matière de qualité et d’égalité.

Par ailleurs, les responsables politiques doivent considérer les éducateurs/trices de la petite enfance comme faisant partie intégrante du système éducatif, faire en sorte que les principes régissant l’ensemble de la profession enseignante soient également appliqués à cette catégorie d’employé(e)s et leur offrir, par conséquent, des opportunités de formation professionnelle.

La réunion s’est penchée sur plusieurs thèmes, notamment les systèmes de négociation, la manière dont s’organisent les travailleurs/euses du secteur de la petite enfance, et quelles sont leurs principales exigences, revendications et stratégies syndicales.

Dennis Sinyolo, Coordinateur principal de l’Unité Education et Emploi de l’IE, a soulevé plusieurs problèmes auxquels est confronté le secteur, notamment la pénurie d’enseignant(e)s qualifié(e)s, la multiplication des établissements offrant des services d’éducation de la petite enfance, la privatisation et les conditions de travail déplorables des enseignant(e)s.

Sinyolo a insisté sur l’importance de la formation continue et de la spécialisation. « La spécialisation doit être une priorité à ce stade de la formation et répondre de manière responsable aux besoins de la communauté éducative. La tranche d’âge comprise entre 0 et 3 ans n’est pas comparable à celle comprise entre 3 et 6 ans. Le niveau de spécialisation est essentiel à ce stade », a-t-il déclaré.

Une éducation de la petite enfance universelle et obligatoire

Les participant(e)s ont décidé d’orienter leurs travaux de manière à favoriser la mise en place  progressive de conditions et de réformes pédagogiques permettant d’instaurer une éducation de la petite enfance obligatoire et universelle.

Il a également été convenu que la formation devait être soutenue par des politiques de croissance, non seulement économique mais également durable, afin de garantir à chacun(e) une vie décente, l’alimentation, la santé et l’éducation.

Le responsable du groupe de travail de l’IE sur l’éducation de la petite enfance, Allan Baumann, a également participé à la réunion et a souligné l’importance d’investir dans l’éducation de la petite enfance.

« Une étude récente menée au Danemark a montré que les enfants de zero à trois ans ayant fait l’expérience de l’une éducation de la petite enfance ont plus tard de meilleures résultats que leurs camarades n’ayant pas eu accès à l’EPE et restaient plus longtemps à l’école», a-t-il révélé.

Le Coordinateur principal regional de l’IE, Combertty Rodriguez, a expliqué que la réunion sur l’EPE s’était tenue à un moment propice car la région est en train de considérer son Mouvement pédagogique. Au travers du Mouvement pédagogique, les syndicats demandent une éducation publique de haute qualité pour tou(te)s, y compris au niveau de l’EPE.

La réunion a également abordé d’autres problématiques telles que le travail des enfants, la dimension du genre, les jeunes syndicalistes et le mouvement pédagogique lié à l’éducation de la petite enfance.