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Les syndicats d’enseignants du Zimbabwe luttent contre le travail des enfants malgré la crise politique

Publié 16 décembre 2014 Mis à jour 18 décembre 2014

Alors que le Zimbabwe est toujours aux prises avec les résultats des élections de juillet 2013, qui ont placé le parti du Président Robert Mugabe, la ZANU-PF, à la tête du Parlement, beaucoup s’inspirent des progrès sociaux réalisés antérieurement pour trouver des solutions porteuses d’espoir.

Les élections qui se sont déroulées dans le pays à l’été 2013 ont mis un terme à la coalition au pouvoir rassemblant deux partis politiques, la ZANU-PF et le MDC. Mais elles ont également marqué le retour de Robert Mugabe, qui a déjà exercé la fonction de Président pendant de longues années, et l’ouverture d’une difficile période d’adaptation pour de nombreux/euses Zimbabwéen(ne)s.

Bien que beaucoup aient estimé qu’il s’agissait d’un échec, le pays avait montré des signes de reprise au cours des cinq années de partage du pouvoir au sein du gouvernement de coalition. Les questions relatives aux droits humains et sociaux, notamment le travail des enfants et le dialogue social, demeurent néanmoins un enjeu majeur pour le nouveau gouvernement.

L’Internationale de l’Education (IE) est au cœur de la lutte contre le travail des enfants dans le monde, et elle porte une attention particulière aux pays dans lesquels les niveaux de décrochage scolaire et de travail des enfants sont élevés. Dans le cadre de la promotion et de la mise en œuvre de programmes plus efficaces de lutte contre le travail des enfants, l’IE s’est rendue au Zimbabwe afin d’élaborer des stratégies avec deux de ses membres zimbabwéens, la Zimbabwe Teachers' Association(ZIMTA) et le Progressive Teachers' Union of Zimbabw e (PTUZ), et de les aider à intensifier leurs actions.

En 2014, l’IE a signé un accord mondial avec l’ONG humanitaire Hivos, basée aux Pays-Bas, pour lutter contre le travail des enfants en partant du point de vue des enseignant(e)s. Le Zimbabwe fait partie des pays intégrés au programme.

Le PTUZ et la ZIMTA sont depuis des années en première ligne dans la lutte contre le travail des enfants et en faveur de leurs droits. Les deux syndicats ont donc tout naturellement trouvé leur place en tant que partenaires actifs du programme lancé par l’IE et Hivos au Zimbabwe.

La philosophie du programme repose sur la création et la promotion de « zones sans travail des enfants », mises en place dans des régions où le travail des enfants est devenu endémique, comme les zones agricoles ou d’extraction minière.

Les droits des enfants sont des droits humains

A l’occasion de la journée des droits de l’Homme qui s’est tenue la semaine dernière, le Zimbabwe a mis l’accent sur la lutte la lutte qu’il mène contre toutes les formes de travail des enfants. L’un des principaux évènements organisés pour cette journée s’est déroulé à Chiredzi, au Sud-Ouest du pays: la Coalition Against Child Labour of Zimbabwe(CACLAZ) ainsi que le PTUZ, le syndicat de l’agriculture GAPWUZ, et l’African Network for the Prevention and Protection against Child Abuse and Neglect(ANPPCAN) sont parvenus à mettre en place une zone sans travail des enfants ( Child Labour Free Zone-CLFZ) durable.

Au cours des deux prochaines années, une nouvelle zone sera créée à Tanganda, où les enfants sont régulièrement utilisés comme main d’œuvre sur les plantations de thé. Les syndicats d’enseignants, en particulier lorsqu’ils sont aussi puissants et représentatifs que la ZIMTA et le PTUZ, jouent un rôle majeur dans le bon fonctionnement de ces zones et dans le maintien des enfants à l’école, mais aussi dans la sensibilisation des parents et des autorités.

Les études démontrent clairement que le travail des enfants constitue certes une atteinte aux droits fondamentaux des enfants, mais qu’en outre, il ne permet en aucun cas d’éradiquer la pauvreté. Seule l’éducation a ce pouvoir.