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L’Amérique latine unie pour une éducation de qualité

Publié 8 mai 2015 Mis à jour 12 mai 2015

Des centaines d’enseignant(e)s et de délégué(e)s syndicaux/ales issu(e)s de 19 pays se sont réuni(e)s à Santiago du Chili pour débattre des questions d’intérêt majeur en matière d’éducation dans la région latino-américaine et élaborer une stratégie politique pour les quatre années à venir.

« Le Chili est confronté au principal défi de créer une société plus équitable – un défi que notre gouvernement est déterminé à relever », a déclaré Michelle Bachelet, Présidente du Chili, lors de la 10e Conférence régionale de la région de l’Amérique latine de l’Internationale de l’Education (IE) le 6 mai. Bachelet a souligné que le système scolaire public et les enseignant(e)s au Chili joueront un rôle essentiel dans la transformation du pays.

Dans son allocution d’ouverture, Hugo Yaski, Président de la région de l’Amérique latine de l’IE, a indiqué que le Chili avait été sélectionné pour accueillir la conférence quadriennale dans la mesure où « le pays montre l’exemple en abandonnant la politique néolibérale relative à l’éducation et aux enseignantes et enseignants ». Il a félicité les syndicats chiliens d’avoir renforcé le « Movimiento Pedagógico» (Mouvement pédagogique) et mobilisé la résistance à la privatisation et à la scolarité à but lucratif qui affaiblit le système scolaire public du pays depuis de nombreuses années, entraînant de graves inégalités dans la société chilienne.

Le Président de la CSI, João Felício, qui a pris la parole lors de la séance d’ouverture, a appelé les syndicats de l’éducation à œuvrer pour un changement social conjointement avec l’ensemble du mouvement syndical.

Les participant(e)s à la conférence, qui a réuni quelque 200 dirigeant(e)s de syndicats de l’éducation de toute l’Amérique latine, ont débattu de manière approfondie de la commercialisation des services éducatifs dans de nombreux pays. Les délégué(e)s ont exprimé leur soutien à l’initiative de l’IE de défier les gouvernements qui offrent aux prestataires de services éducatifs des possibilités d’envahir le secteur de l’éducation et d’affronter ces prestataires lorsqu’ils engendrent des inégalités ou restreignent les libertés professionnelles des enseignant(e)s. « Les principes du marché ne s’appliquent pas à l’éducation de nos enfants », a déclaré l’un des participants, qui a qualifié l’éducation à but lucratif « d’immorale ». Une déclaration condamnant l’inclusion de l’éducation dans l’ Accord sur le commerce des services (ACS) et réaffirmant que l’éducation est un droit et non pas une marchandise a également été adoptée durant la conférence.

Le Secrétaire général de l’Internationale de l’Education, Fred van Leeuwen, a accueilli les organisations du Honduras, de la Colombie, de la Bolivie, du Paraguay, d’Uruguay et du Mexique, qui se sont toutes affiliées à l’IE depuis la dernière réunion du groupe latino-américain à Buenos Aires en 2011. Fred van Leeuwen a souhaité tout particulièrement la bienvenue à l’organisation d’enseignant(e)s mexicaine SNTE « qui a rejoint nos rangs après avoir traversé quelques années difficiles. Nous sommes heureux de vous compter à nouveau parmi nous. »

Fred van Leeuwen a également abordé la sécurité des étudiant(e)s et des enseignant(e)s. « Qui aurait pu penser, lors de notre dernière rencontre il y a quatre ans, que les écoles deviendraient une cible de la violence organisée? » a-t-il demandé. « Des enseignants et des étudiants ont perdu la vie dans des attaques perpétrées contre des écoles et des universités, ou sont devenus les victimes de crimes odieux, notamment les 43 étudiants qui auraient été tués à Ayotzinapa, au Mexique, en septembre dernier. Nous avons tremblé, nous avons protesté et nous avons parfois été consternés par les réactions faibles et inefficaces de nos autorités publiques ».

Dans le cadre d’un autre acte officiel, un comité régional a été élu par la conférence pour mener les activités de l’IE en Amérique latine durant les quatre années à venir. La conférence a, par ailleurs, rendu hommage à Stella Maldonado, la regrettée Secrétaire générale de la CTERA d'Argentine, et membre du Bureau exécutif de l’IE, qui nous a malheureusement quittés en 2014.