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Pour le syndicat des enseignants du Liban, les politicien(ne)s sont seul(e)s responsables des problèmes nationaux

Publié 9 octobre 2015 Mis à jour 13 octobre 2015

Le Président du Teachers Syndicate of Lebanon, Nehme Mahfoud, a fustigé l'élite politique de son pays pour n'avoir pas été capable de régler les différends survenus en son sein, entraînant la dysfonction du parlement national et la paralysie du gouvernement, et laissant le pays sans aucun chef d'Etat.

« Nous subissons les conséquences de leur comportement irresponsable », a déclaré Mahfoud lors de la conférence des enseignant(e)s organisée à Beyrouth le 8 octobre. « Le salaire des enseignantes et enseignants n'a jamais été indexé sur le coût de la vie, contrairement à ce qui leur avait été promis il y a deux ans. Le salaire de départ est à présent inférieur au salaire minimum national fixé à 450 dollars américains et les enseignants qualifiés quittent la profession. » Mahfoud a averti les pouvoirs publics que les syndicats d'enseignants mèneraient une action syndicale si le gouvernement persistait à ignorer les accords.

Le Teachers Syndicate of Lebanon(TSL) a tenu sa Deuxième conférence sur l'éducation à Beyrouth les 8 et 9 octobre. Améliorer la qualité de l'éducation, le développement professionnel ainsi que le statut social et professionnel des enseignant(e)s comptaient au nombre des questions soulevées par les quelque 400 délégué(e)s.

La conférence s'est également intéressée au nombre croissant de réfugié(e)s syrien(ne)s cherchant asile dans le pays. Plus de 200.000 enfants réfugiés ont ainsi été accueillis dans les écoles libanaises. Mais la piètre condition des bâtiments scolaires, les classes surchargées et la pénurie de supports d'enseignement et d'apprentissage ont suscité un recul de la qualité de la scolarité.« Des mesures urgentes s'imposent afin d'assurer un traitement équitable aux étudiants syriens et libanais », a indiqué Mahfoud.

« Plus de 300.000 enfants réfugiés demeurent privés d'école, ce qui fait peser une menace d'illettrisme et de pauvreté, et risque d'inciter à l'extrémisme. Il nous faut reprendre le problème des réfugiés à son origine et stopper la guerre en Syrie, où des populations innocentes sont contraintes de faire un choix entre la tyrannie, l'Etat islamique, ou quitter le pays. »

Autre intervenant durant la conférence, Fred van Leeuwen, le Secrétaire général de l'Internationale de l'Education (IE), a fait savoir que son organisation avait largement plaidé auprès des Nations Unies pour un accroissement de l'aide internationale afin d'aider le Liban, la Jordanie, l'Irak et la Turquie à fournir une éducation aux enfants syriens. Il a insisté sur la nécessité de consulter les syndicats d' enseignants au sujet de l'utilisation d'une telle aide, qui devait d'ailleurs être utilisée en toute transparence. Van Leeuwen a également déclaré que les agences internationales telles que l'Unicef et la Banque mondiale, lorsqu'elles conduisent des programmes en faveur de l'éducation, devaient fonctionner sur la base d'une consultation avec nos syndicats affiliés. « Ces programmes ne devraient pas affecter le financement, la gouvernance ni le fonctionnement des systèmes scolaires nationaux, et les enseignants devraient être recrutés et rémunérés en vertu des accords en vigueur. »

Le TSL, premier affilié de l'IE au Liban en termes d'effectif, compte 35.000 membres majoritairement employés au sein d'établissements scolaires privés. L'enseignement privé représente 72 pour cent du système scolaire libanais, avec 40.000 enseignant(e)s en poste dans le secteur de l'éducation de la petite enfance et dans l'enseignement secondaire.