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Honduras: Assassinat d’une éminente défenseuse des droits humains

Publié 8 mars 2016 Mis à jour 10 mars 2016

Le mouvement syndical éducatif mondial a fermement condamné l’assassinat de Berta Caceres, militante écologiste et défenseure des droits humains.

Berta Caceres, coordinatrice du Conseil citoyen des organisations des peuples amérindiens du Honduras(COPINH), a été assassinée par des hommes armés à son domicile, à La Esperanza au Honduras, le 2 mars dernier.

La célèbre militante Berta Ceceres s’était vu attribuer le Prix Goldman pour l’environnement 2015 qui récompense les militant(e)s de la base pour leur action marquée et durable en faveur de la protection et de la valorisation de l’environnement naturel. Le prix lui avait été décerné pour son engagement courageux dans la défense et la protection de la rivière Gualcarque, de son environnement immédiat et des populations locales qui vivent près du barrage d’Agua Zarca.

Discours de remerciement de Berta Caceres, cérémonie de remise du Prix Goldman 2015

IE: Promotion des conditions de travail décentes

Dans une lettre adressée à Juan Orlando Hernández, Président du Honduras, le Président du Comité régional de l’Internationale de l’Education (IE) pour l’Amérique latine, Hugo Yasky, ainsi que plusieurs autres important(e)s dirigeant(e)s du monde de l’éducation, ont évoqué la question du meurtre de Caceres. Yasky a souligné le fait que l’IE défend l’enseignement public de qualité et le droit à la liberté syndicale. Dans le cadre de ses activités, l’IE s’efforce également de promouvoir des conditions de travail décentes dans le secteur éducatif « comme condition indispensable pour assurer la démocratie, l’égalité, la justice sociale et les droits humains ».

« Un crime politique »

L’IE s’est jointe à son affilié, le Colegio profesional superación magisterial(COLPROSUMAH) du Honduras, pour condamner fermement le meurtre de Berta Caceres, « qui n’a eu de cesse de se battre aux côtés du peuple indigène Lenca pour la protection de l’environnement dans la partie occidentale du Honduras », et considérer sa mort comme « un crime politique ».

L’IE a également exigé que le gouvernement du Honduras veille à ce qu’une enquête approfondie sur le meurtre soit diligentée et que « justice soit faite en accord avec la législation nationale ».

L’IE invite en outre les pouvoirs publics du Honduras à s’expliquer sur leur refus d’accorder une protection à Berta Caceres malgré la demande de la Commission interaméricaine des droits de l’homme.

Appel au respect

Enfin, l’IE a exigé « que la vie et le travail des dirigeants syndicaux, des paysans et des syndicats du Honduras soit respectés » et qu’il soit mis fin « à tout type de campagne d’intimidation et de dénigrement à leur encontre ».