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Enseigner les droits humains implique toute une école, si pas l’ensemble de la société

Publié 8 juin 2016 Mis à jour 9 juin 2016

Préparer les étudiant(e)s d’aujourd’hui à la réalité multiculturelle qui sera un jour la leur nécessite bien plus qu’une simple leçon sur les droits humains dispensée en classe. Cela requiert la création d’un environnement où chacun(e) comprend, valorise et protège les droits humains.

Eleanor Roosevelt qui, à l’époque où elle était Présidente de la Commission des droits de l’Homme des Nations Unies (entre 1946 et 1952), fut l’une des premières militantes fermement déterminée à promouvoir l’éducation aux droits humains, a décrit l’approche qu’il convient d’adopter pour les enseigner après avoir constaté que « les droits humains ne signifient rien tant que les individus ignorent de quoi il s’agit, tant qu’ils ne les comprennent pas, tant qu’ils n’exigent pas leur application ».

Afin de progresser davantage encore dans ce domaine, le Conseil de l’Europe, qui a élaboré une Charte sur l’éducation à la citoyenneté démocratique et l’éducation aux droits de l’Homme, a lancé le European Wergeland Center. Ana Perona-Fjeldstad, Directrice du Centre, explique que les objectifs généraux en matière d’éducation consistent à offrir aux étudiant(e)s une large base de connaissances avancées, à la fois pour leur vie future et l’emploi durable, tout en leur permettant de devenir des citoyen(ne)s actifs/ives au sein de sociétés démocratiques:

« Nombreux sont les systèmes éducatifs en Europe à accorder davantage la priorité au renforcement des compétences et des connaissances utiles au marché du travail, plutôt qu’au développement de la citoyenneté. C’est pourquoi le Conseil de l’Europe a défini un cadre décrivant les principales compétences permettant aux citoyennes et citoyens de participer efficacement à la société démocratique. Tout cela ne s’apprend pas dans le cadre d’une seule leçon donnée un jour à l’école. Cela nécessite que l’ensemble de la communauté éducative et, bien entendu, la société au sens large adhèrent aux valeurs qu’incarnent les droits humains. »

Sneh Aurora, Consultante en éducation aux droits humains, insiste sur le fait que l’éducation aux droits humains se révèle indispensable au développement d’une culture dans ce domaine et d’une société où règnent à la fois la dignité, l’inclusion et l’égalité.

« L’éducation aux droits humains est un processus d’apprentissage tout au long de la vie, dont l’objectif consiste à renforcer les connaissances et les compétences, mais aussi à promouvoir les valeurs, les attitudes et les actes envers autrui », a-t-elle précisé.

Guntars Catlaks, Directeur du Centre national pour l’éducation en République de Lettonie, relève un autre aspect important:

« L’apprentissage des droits humains représente un premier pas essentiel si l’on souhaite respecter, promouvoir et défendre de tels droits. Comprendre ce que signifient véritablement les droits humains permettra peut-être à nos jeunes d’acquérir les compétences qui leur permettront un jour d’apporter davantage de justice et de paix dans nos sociétés. Pour y parvenir, les enseignantes et enseignants ont besoin de l’encadrement et la formation qui leur permettront de développer de telles connaissances. »

Perona-Fjeldstad, Catlaks et Aurora étaient les principaux/ales intervenant(e)s au Symposium de l’Internationale de l’Education sur les droits humains et les valeurs au sein de l’éducation, tenu à Riga, en Lettonie, les 7 et 8 juin.

Pour télécharger des informations sur les approches de l’éducation aux droits humains préconisées par Sneh Auroa, cliquez ici. Sa présentation PowerPoint est disponible ici.

La présentation d’Ana Perona-Fjeldstad est disponible ici.

Fred van Leeuwen, Secrétaire général de l’Internationale de l’Education, a ouvert le symposium. Son intervention est disponible ici.