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Les syndicats d’étudiants et d’enseignants demandent que l’éducation soit exclue des accords commerciaux internationaux

Publié 13 juillet 2016 Mis à jour 14 juillet 2016

L’Internationale de l’Education (IE) et l’Union des étudiants d’Europe (ESU) exhortent les gouvernements de l’Union européenne et les États-Unis à exclure explicitement le secteur de l’éducation des accords commerciaux internationaux tels que le PTCI, l’Accord sur le commerce des services et l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne.

Alors que débute le 14e cycle de négociations entre l’Union européenne (UE) et les États-Unis d’Amérique relatives au partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI), les deux organisations ont publié une déclaration conjointe.

« Nous estimons que ces accords menacent directement l’offre de services publics de haute qualité, dont l’éducation, sachant qu’ils limitent la capacité des gouvernements à réglementer dans l’intérêt public, tout en favorisant la libéralisation de ces services et le renforcement des droits des entreprises multinationales », a déclaré Fred van Leeuwen, Secrétaire général de l’IE.

« De plus, nous notons l’absence d’une exemption claire et sans ambiguïté du secteur de l’éducation. Les réglementations commerciales ne peuvent en aucun cas restreindre la capacité des gouvernements et des autorités publiques compétentes à offrir des emplois décents et des services publics de qualité tels que l’éducation. », a-t-il ajouté.

M. Van Leeuwen a ensuite souligné qu’il est de la responsabilité des gouvernements de veiller à ce que tous les citoyens bénéficient d’une éducation publique de haute qualité et gratuite pour tous, tout en se félicitant du partenariat des « étudiants qui constituent la prochaine génération de citoyens et de dirigeants et qui, plus que quiconque, ont la volonté de travailler à la construction d’un avenir durable et prospère, où les services publics comme l’éducation et la santé prennent toute leur importance. »

« L’éducation est un droit humain fondamental ; l’accès à l’éducation ne devrait donc pas être déterminée par des facteurs socio-économiques ou autres. Pour que ce droit soit garanti, nous devons pouvoir compter sur le soutien et la gouvernance des pouvoirs publics », a réaffirmé Lea Meister, Présidente de l’Union des étudiants d’Europe (ESU).

L’ESU estime en effet que l’accès à tous les niveaux d’éducation est la clé de voûte d’une société démocratique socialement et culturellement inclusive, et constitue donc une condition essentielle pour assurer le développement et le bien-être de la société et des individus.

« Dans le cadre de la société d’aujourd’hui fondée sur la connaissance, nous voyons l’éducation, non pas comme un investissement en capital humain, mais plutôt comme une source de création de valeur et de croissance économique accrue. L’ESU a la conviction que l’éducation ne devrait jamais être traitée comme une marchandise. Les étudiants sont opposés aux restrictions non démocratiques et inéquitables qui sont imposées au secteur de l’éducation par le marché, ainsi qu’à l’instrumentalisation de la recherche et de l’enseignement par des décideurs privés qui ont pour seul but la poursuite d’intérêts commerciaux. C’est pourquoi l’ESU appelle à soustraire les politiques éducatives à la logique marchande et à exclure l’éducation des accords commerciaux. »

L’ESU et l’IE présenteront ensemble un exposé sur le thème « L’éducation et le PTCI : implications pour l’Europe et les États-Unis » lors de la Conférence des parties prenantes organisée par la Direction générale du commerce de la Commission européenne, qui se tiendra le 13 juillet à Bruxelles, en Belgique, à l’occasion du 14e cycle de négociations du PTCI.