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Cameroun: soumis à la pression des enseignant(e)s, le gouvernement doit prendre des mesures en vue d’améliorer leur condition

Publié 2 décembre 2016 Mis à jour 21 décembre 2016

Les syndicats de l’enseignement au Cameroun se sont unis pour appeler les enseignant(e)s du primaire et du secondaire à se mettre en grève au mois de décembre afin de forcer le gouvernement à respecter ses engagements quant à l’amélioration des conditions de travail et de vie des enseignant(e)s et au règlement de la question relative à la condition enseignante.

La décision de convoquer une grève des enseignant(e)s camerounais(es) du 5 au 7 décembre a été prise par les affiliés nationaux de l’Internationale de l’Education (IE), la Fédération des Syndicats de l’Enseignement et de la Recherche (FESER), la Fédération Camerounaise des Syndicats de l’Education (FECASE) et le Syndicat des Travailleurs des Etablissements Scolaires Privés du Cameroun (SYNTESPRIC), de concert avec deux autres syndicats de l’enseignement. Ils exhortent le gouvernement à mettre en œuvre, sans délai, les décisions prises par une commission mise en place par le Premier ministre en 2012 afin de résoudre les questions relatives aux enseignant(e)s:

·         Reconnaissance de l’éducation physique et des enseignant(e)s d’éducation physique en tant qu’enseignant(e)s bénéficiant du statut d’enseignant(e)s;

·         Rééchelonnement des indices de rémunération des enseignant(e)s, de sorte que ces indices s’étendent sur un plus grand nombre d’années pour se rapprocher des indices de rémunération des enseignant(e)s de l’enseignement supérieur;

·         Signature d’une convention collective pour les enseignant(e)s du secteur privé, afin qu’ils/elles ne soient pas pendu(e)s aux décisions des instances principales des établissements d’enseignement;

·         Intégration des enseignant(e)s contractuel(le)s du primaire et du secondaire dans le régime des fonctionnaires. Les syndicats ont mis en évidence que près de 90 pour cent des enseignant(e)s du primaire étaient employé(e)s sous couvert d’un contrat; et

·         Réévaluation de/et augmentation des primes et subventions à la recherche et la documentation.

« Rien n’a été fait depuis 2015. Alors que les résultats de la précédente commission n’ont pas encore été mis en œuvre, le Premier ministre a créé récemment une autre commission afin de traiter exclusivement des problèmes rencontrés par les syndicats d’enseignants anglophones », a déclaré le Secrétaire général de la FECASE, Thobie Mbassi.

Ecarter toute division

Les syndicats font pression pour que le gouvernement convoque, sans délai, le Forum national sur l’éducation, dont la création avait été promise en 2012. Ce forum a pour objectif premier de résoudre les problèmes rencontrés par les enseignant(e)s dans le système francophone comme dans le système anglophone.

Mbassi a déclaré que l’approche adoptée par le gouvernement afin de résoudre les problèmes des enseignant(e)s consistait à menacer de diviser la profession à l’échelle nationale.

« Le gouvernement cherche à diviser les enseignantes et enseignants, et ne résoudra ainsi les problèmes que de façon limitée puisqu’il rencontre uniquement les syndicats anglophones. Et cette solution est la moins bonne car si les enseignantes et enseignants anglophones estiment que les problèmes sont résolus, ce n’est pourtant pas le cas pour tous les collègues francophones, » a-t-il expliqué.

La grève a déjà débuté au sein du système scolaire anglophone camerounais, a-t-il indiqué, soulignant que les syndicats de l’enseignement anglophones avaient eux-mêmes décidé, à cette occasion, de ne pas répondre à la demande du gouvernement de convoquer un dialogue séparément.

Contexte

La grève fait suite à un avertissement des syndicats en date du 17 novembre dernier, annonçant une grève probable si aucune suite n’était donnée à leurs appels lancés au gouvernement afin de mettre en œuvre les décisions convenues. Ils avaient laissé à ce dernier jusqu’au 25 novembre pour examiner les revendications des enseignant(e)s.

« Il s’agit d’une grève d’avertissement et, si nos demandes restent sans réponse, si aucune solution n’est apportée aux questions touchant les enseignantes et enseignants, nous intensifierons nos actions », a souligné Mbassi, ajoutant que les syndicats de l’enseignement n’hésiteraient pas à déployer d’autres actions de grande envergure pour le début de l’année 2017, si cela s’avérait nécessaire.