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Les enseignant(e)s des Caraïbes exposent au grand jour les infrastructures défaillantes

Publié 16 décembre 2016 Mis à jour 20 décembre 2016

Les syndicats de l’éducation ont révélé des négligences flagrantes dans la maintenance des bâtiments scolaires, notamment concernant des sanitaires non adaptés, des toits qui contiennent de l'amiante et s’effondrent ou encore des lignes électriques non protégées, autant d’éléments qui figurent parmi les nombreuses défaillances présentant de sérieux risques pour la santé et la sécurité.

Le message des syndicats d'enseignant(e)s des Caraïbes est clair: les autorités compétentes en matière d’éducation doivent accorder davantage d’attention aux mauvaises conditions de santé et de sécurité dans les écoles et les classes de leur pays. Selon les représentant(e)s des syndicats, des enseignant(e)s ont été blessé(s), sont tombé(e)s ou ont trouvé la mort en raison d’environnements scolaires malsains ou mal sécurisés. C’est la raison pour laquelle les syndicats de l’éducation de 11 pays se sont rassemblés à St. Vincent et les Grenadines les 15 et 16 décembre pour évaluer ces problèmes et développer une stratégie commune pour y faire face. Le Caribbean Union of Teachers(CUT), qui a organisé la conférence, a été chargé d’initier une campagne nationale pour faire en sorte que la question des environnements sains et sécurisés prennent davantage de place dans l’agenda politique de tous les pays des Caraïbes.

L’état des systèmes d'enseignement public dans de nombreux pays de la région ne reflète pas l’importance que les citoyens des Caraïbes attachent à l’éducation de leurs enfants, déclare le CUT. Même si le taux d’alphabétisation est plus haut que dans la plupart des pays à bas revenus, les budgets consacrés à l’éducation sont insuffisants pour remplir les conditions de base. Malgré la très bonne représentation syndicale dans la profession enseignante, la déprofessionnalisation a également atteint les côtes des états insulaires.

Au cours de la réunion, certains syndicats de l'éducation ont fait état de tendances antisyndicales alors que d’autres, comme ceux de la Jamaïque et de Trinité et Tobago, ont signalé des efforts visant à introduire dans leurs système d’enseignement public un salaire basé sur les performances, des modèles d’évaluation performants et d’autres mécanismes de marché. Les syndicats ont par ailleurs souligné que souvent, la rémunération des enseignant(e)s ne leur permet pas de joindre les deux bouts. Dès lors, le syndicat d’enseignants d’Antigua a expliqué qu’il offre à présent des programmes de formation à ses membres qui tentent de compléter leur salaire grâce à des activités annexes comme la fabrication de gâteaux, l’art et l’artisanat, la production de plantes et d’œufs.

La colère de Mère Nature

Dans les Caraïbes, l’éducation est régulièrement interrompue par les conditions climatiques extrêmes. Alors même que pendant la conférence, des pluies diluviennes provoquaient des dégâts aux bâtiments de l’école à St Vincent, le Bahamas Union of Teachers a rapporté que l’ouragan Matthew qui a sévi en octobre dernier, a balayé de nombreuses habitations de New Providence, raflé des entreprises, déterré des sépultures, laissant dans son sillage de nombreuses personnes dévastées physiquement, mais aussi traumatisées mentalement.

Des liens plus solides entre les syndicats

Les affiliés de l'Internationale de l'Education (IE) aux Caraïbes font partie du CUT, lui-même un organisme autonome intégré dans l'IE. Lors d’une réunion du Comité exécutif du CUT précédant la conférence, le Président du CUT Julian Monrose et le Secrétaire général de l’IE Fred van Leeuwen ont signé un protocole d’entente prévoyant la gestion des activités et programmes de l’IE dans la région par le Secrétariat du CUT basé à Ste Lucie.